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	<title>The Georges Labica Website</title>
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	<description>The Georges Labica Website</description>
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	<dc:creator>labica.georges@gmail.com</dc:creator>
	<dc:rights>Copyright 2009</dc:rights>
	<dc:date>2012-02-10T03:11:37</dc:date>
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		<item rdf:about="http://www.lahaine.org/labica/index.php?p=56&amp;c=1">
		<title>Mort de Georges Labica</title>
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		<dc:date>2009-02-14T10:49:00</dc:date>
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		<description>Ceux qui ont eu la chance de la fr&#233;quenter et de travailler avec lui ressentent une grande peine et une &#233;norme perte. Georges &#233;tait un homme fraternel, &#224; l&#8217;intelligence toujours en &#233;veil, un intellectuel ouvert et combatif, un p&#233;dagogue et un orateur hors pairs, un esprit libre et un militant ...</description>
		<content:encoded><![CDATA[Ceux qui ont eu la chance de la fr&#233;quenter et de travailler avec lui ressentent une grande peine et une &#233;norme perte. Georges &#233;tait un homme fraternel, &#224; l&#8217;intelligence toujours en &#233;veil, un intellectuel ouvert et combatif, un p&#233;dagogue et un orateur hors pairs, un esprit libre et un militant dont l&#8217;internationalisme et l&#8217;engagement ne se sont jamais d&#233;mentis. Il &#233;tait certainement l&#8217;un des  penseurs marxistes les plus marquants d&#8217;aujourd&#8217;hui.<br />
<br />
Outre son activit&#233; d&#8217;enseignant pendant des ann&#233;es, de l&#8217;Alg&#233;rie &#224; la facult&#233; de Nanterre, il a produit une &#339;uvre th&#233;orique n&#233;cessaire pour notre &#233;poque.  Il fut notamment le co-directeur de cette somme qu&#8217;est  &#171; le Dictionnaire critique du marxisme &#187;.  Et, r&#233;cemment, il avait fait para&#238;tre un grand essai, &#224; contre-courant des platitudes bien pensantes en vogue actuellement, sa &#171; Th&#233;orie de la violence &#187; .<br />
<br />
Aux &#233;ditions Le Temps des Cerises, il a notamment publi&#233; &#171; D&#233;mocratie et r&#233;volution &#187;, qui explore de fa&#231;on vive et stimulante le rapport entre ces deux termes, contribuant par l&#224; &#224; refonder une pens&#233;e r&#233;volutionnaire pour aujourd&#8217;hui. Pour lui, D&#233;mocratie et R&#233;volution sont plus que jamais indissociables. La d&#233;mocratie pour la r&#233;volution, la r&#233;volution pour la d&#233;mocratie : il n'est pas d'autre programme dans la lutte des classes antilib&#233;rale et anti-imp&#233;rialiste, o&#249; la violence dominante appelle la violence r&#233;volutionnaire des domin&#233;s, comme sa seule r&#233;plique ad&#233;quate.<br />
<br />
Du &#171; Livre noir du capitalisme &#187; &#224; &#171; Y a-t-il une vie apr&#232;s le capitalisme &#187;, en passant par &#171; Ma&#238;tres du monde &#187; ou &#171; l&#8217;Empire en guerre &#187;, Georges Labica a &#233;t&#233; partie prenante de tous les grands ouvrages collectifs que la maison d&#8217;&#233;dition a publi&#233; ces dix derni&#232;res ann&#233;es pour riposter aux guerres de l&#8217;empire ou r&#233;fl&#233;chir &#224; l&#8217;alternative possible.<br />
<br />
Connaisseur attentif du monde et de la culture arabes il avait aussi confi&#233; au Temps des Cerises son choix de textes comment&#233;s de la &#171; Muqqadima &#187; du grand historien Ibn Khaldun.<br />
<br />
Georges Labica a aussi r&#233;guli&#232;rement particip&#233; aux travaux de la revue Commune, et chacune de ses contributions y &#233;tait d&#8217;un apport &#233;clairant et  d&#233;cisif. Celui d&#8217;un esprit lucide, certainement l&#8217;un des  intellectuels contemporains fran&#231;ais les plus brillants, qui &#233;tait en m&#234;me temps qu&#8217;un penseur un militant, un homme de r&#233;flexion et d&#8217;action.]]></content:encoded>
	</item>
		<item rdf:about="http://www.lahaine.org/labica/index.php?p=55&amp;c=1">
		<title>La sup&#233;rette</title>
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		<dc:date>2008-12-04T16:08:00</dc:date>
		<dc:creator>:: (mailto:la&#98;&#105;ca&#64;&#103;m&#97;il&#46;c&#111;&#109;)</dc:creator>
		<dc:subject>Analysis</dc:subject>
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		<description>Apr&#232;s avoir examin&#233; diverses hypoth&#232;ses et r&#233;fl&#233;chi &#224; divers projets, ils &#233;taient tomb&#233;s d&#8217;accord pour ouvrir une sup&#233;rette, dans la petite ville, o&#249; ils avaient &#233;t&#233; contraints  de chercher refuge, apr&#232;s la perte de leur logement et pour certains, celle de leur emploi. Le modeste b&#226;timent, qu&#8217;ils avaient, en ...</description>
		<content:encoded><![CDATA[Apr&#232;s avoir examin&#233; diverses hypoth&#232;ses et r&#233;fl&#233;chi &#224; divers projets, ils &#233;taient tomb&#233;s d&#8217;accord pour ouvrir une sup&#233;rette, dans la petite ville, o&#249; ils avaient &#233;t&#233; contraints  de chercher refuge, apr&#232;s la perte de leur logement et pour certains, celle de leur emploi. Le modeste b&#226;timent, qu&#8217;ils avaient, en bonne partie, restaur&#233; eux-m&#234;mes, se situait dans la p&#233;riph&#233;rie, &#224; proximit&#233; donc de cultures mara&#238;ch&#232;res. Ce qui leur avait permis, d&#232;s l&#8217;ouverture, d&#8217;offrir &#224; l&#8217;achat des marchandises, essentiellement l&#233;gumes et fruits, &#224; un moindre co&#251;t, puisqu&#8217;ils n&#8217;avaient recours &#224; aucun interm&#233;diaire, grossiste ou transporteur. La client&#232;le ne se fit pas attendre et son nombre grossit rapidement. Ils purent, par cons&#233;quent, s&#8217;agrandir et diversifier leurs rayons, de la boucherie charcuterie aux conserves et aux produits de m&#233;nage, en passant par les condiments, les p&#226;tes, le riz, etc. Ils avaient aussi un &#233;tal de fleurs. Ils assuraient eux-m&#234;mes la marche de leur commerce. Hommes, femmes et m&#234;me adolescents, en dehors des activit&#233;s scolaires, s&#8217;&#233;taient distribu&#233; les t&#226;ches. Les uns assuraient, avec leurs propres v&#233;hicules, l&#8217;approvisionnement direct, les autres les ventes, la maintenance, les relations avec les producteurs&#160;et la publicit&#233;. Ils avaient choisi de se mettre en autogestion. Ils s&#8217;&#233;taient, pour ce faire, constitu&#233;s en association de membres &#233;gaux. Leur assembl&#233;e prenait toutes les dispositions assurant le fonctionnement de la cha&#238;ne, un tr&#233;sorier &#233;lu se voyant charg&#233; de la comptabilit&#233; g&#233;n&#233;rale, des salaires, &#233;quivalents pour tous, et de la r&#233;partition des gains entre les familles. <br />
<br />
Leur succ&#232;s leur valut tr&#232;s vite les in&#233;vitables tentatives de grandes surfaces cherchant &#224; prendre le contr&#244;le de leur entreprise, soit sous la forme d&#8217;acquisition-fusion, soit sous la forme de g&#233;rance. Des banques, en d&#233;pit de la p&#233;riode de s&#233;cheresse des cr&#233;dits, due &#224; la crise, all&#232;rent jusqu&#8217;&#224; leur proposer des fonds, pour les aider &#224; ouvrir des succursales, ou pour leur permettre de cr&#233;er une soci&#233;t&#233; par actions. Leur notori&#233;t&#233; prit toutefois une envergure plus consid&#233;rable en parvenant jusqu&#8217;au sommet de l&#8217;Etat. Non seulement, ils re&#231;urent des f&#233;licitations appuy&#233;es, mais ils furent donn&#233;s en exemple &#224; toute la nation pour le courage dont ils avaient fait preuve dans l&#8217;adversit&#233;. Leur r&#233;ussite, &#224; elle seule, fournissait la preuve qu&#8217;il &#233;tait possible &#224; chacun de surmonter la crise, f&#251;t-ce gr&#226;ce &#224; des initiatives d&#8217;inspiration &#171;&#160;socialisante&#160;&#187;, et que le &#171;&#160;r&#234;ve am&#233;ricain&#160;&#187; n&#8217;&#233;tait pas mort. Nos &#171;&#160;socialistes&#160;&#187; quant &#224; eux, ne se laiss&#232;rent ni &#233;mouvoir, ni, moins encore, acheter. Ils d&#233;clin&#232;rent m&#234;me l&#8217;invitation qui leur &#233;tait faite de se rendre &#224; Washington.<br />
<br />
Tranquillement, sans &#233;clat, ni forfanterie, ils firent &#233;cole, ils &#171;&#160;contamin&#232;rent&#160;&#187; comme ils disaient in apart&#233;. D&#8217;une part, ils essaim&#232;rent, en ouvrant en effet des succursales qui mena&#231;aient, &#224; leur tour les gros concurrents, et dont ils gardaient strictement le contr&#244;le. D&#8217;autre part et surtout, c&#8217;est leur mod&#232;le qu&#8217;ils export&#232;rent. Les avantages &#233;conomiques, pour l&#8217;offre comme pour la demande, du syst&#232;me autogestionnaire, firent des &#233;mules et s&#8217;&#233;tendirent &#224; bien d&#8217;autres formes de commerce, de la m&#233;canique &#224; l&#8217;immobilier d&#233;liquescent et, peu &#224; peu, &#224; la gestion, au point que des services &#224; caract&#232;re public et m&#234;me des municipalit&#233;s envisag&#232;rent de l&#8217;adopter, nonobstant les difficult&#233;s et les r&#233;sistances de plus en plus fortes, qu&#8217;ils rencontraient. Tant le d&#233;sarroi et la m&#233;fiance envers le syst&#232;me, produits par l&#8217;ampleur de la crise, commen&#231;aient &#224; travailler le soubassement social.<br />
<br />
<b>2.</b> Quelques six mois auparavant, de singuliers faits divers avaient d&#233;fray&#233; la chronique, passionn&#233; les m&#233;dias et jet&#233; le plus grand trouble dans les milieux  politiques. Banques et banquiers en avaient &#233;t&#233; les vedettes, &#224; leur insu. Quelques cas apparurent significatifs.<br />
<br />
Deux individus de belle tenue s&#8217;&#233;taient pr&#233;sent&#233;s, une fin de matin&#233;e, &#224; la banque X, et avaient demand&#233;, avec des airs fort s&#233;rieux, &#224; en rencontrer le fond&#233; de pouvoir, pour une affaire de la plus haute importance. Une fois en sa pr&#233;sence, ils l&#8217;avaient contraint, sous la menace de leurs revolvers, de signer plusieurs gros virements &#224; des comptes num&#233;rot&#233;s domicili&#233;s &#224; l&#8217;&#233;tranger. Ils l&#8217;avaient assur&#233; qu&#8217;en cas d&#8217;appel &#224; la police ou de non ex&#233;cution, dans les deux jours, lui-m&#234;me et sa famille s&#8217;exposeraient aux plus grands dangers. L&#8217;op&#233;ration ayant &#233;t&#233; accomplie, la presse fut inform&#233;e et rapporta l&#8217;&#233;v&#233;nement, avec, comme &#224; son habitude, force d&#233;tails de son cru. La police dut, dans un temps assez bref, convenir de l&#8217;&#233;chec de l&#8217;enqu&#234;te qu&#8217;elle avait ouverte concernant les d&#233;tenteurs des comptes ainsi aliment&#233;s.<br />
<br />
Presque au m&#234;me moment, le directeur d&#8217;un Hedge Fund, dont le si&#232;ge, v&#233;ritable bastion &#233;lectronique, occupait une immense villa dans la banlieue de X, fut kidnapp&#233; dans des conditions t&#233;n&#233;breuses. Il aurait &#233;t&#233; enlev&#233; &#224; sa sortie d&#8217;une bo&#238;te de nuit priv&#233;e, apr&#232;s avoir cong&#233;di&#233; ses gardes du corps. La ran&#231;on exig&#233;e, de plusieurs millions de dollars, devait &#234;tre livr&#233;e sous les cinq jours, sous peine d&#8217;ex&#233;cution. Le temps imparti &#233;tant &#233;coul&#233; et les associ&#233;s n&#8217;ayant pas jug&#233; bon de r&#233;unir la somme, le directeur fut effectivement ex&#233;cut&#233;. Son corps fut retrouv&#233; au petit matin devant le si&#232;ge d&#8217;un journal, un calicot su sa poitrine d&#233;clarant&#160;: &#171;&#160;Ainsi qu&#8217;annonc&#233;, M. X a &#233;t&#233; jug&#233; et condamn&#233; pour les milliers de victimes, imputables &#224; ses pratiques de rapine sp&#233;culative. Le syst&#232;me qui l&#8217;a couvert et qui cherche &#224; sauver ses pairs du d&#233;sastre qu&#8217;ils ont eux-m&#234;mes provoqu&#233;, ne restera pas impuni. Sa destruction est d&#233;sormais engag&#233;e&#160;&#187;.<br />
<br />
Un important PDG appartenant au complexe militaro-industriel fut s&#233;questr&#233; dans sa propri&#233;t&#233;, avec sa famille et ses employ&#233;s, par un groupe d&#8217;hommes s&#8217;&#233;tant introduits chez lui, &#224; la faveur de la nuit. Sous la menace de leurs armes, ils avaient r&#233;uni l&#8217;ensemble des occupants et enferm&#233; dans leurs appartements l&#8217;&#233;pouse et les enfants, en tant que garants du respect de l&#8217;interdiction de communiquer avec l&#8217;ext&#233;rieur, tous les moyens de s&#8217;y employer (t&#233;l&#233;phones et ordinateurs) ayant &#233;t&#233; soit confisqu&#233;s, soit mis hors d&#8217;usage. Ils r&#233;quisitionn&#232;rent le personnel, afin d&#8217;entreprendre des travaux autour de chaque b&#226;timent du domaine. Un certain nombre de trous furent creus&#233;s, &#224; l&#8217;int&#233;rieur desquels furent alternativement d&#233;pos&#233;es des mines et des bombes, reli&#233;s &#224; un dispositif de commande mobile. Alert&#233;es par des collaborateurs, pr&#233;occup&#233;s par l&#8217;absence de leur patron, et par l&#8217;impossibilit&#233; d&#8217;entrer en contact avec son domicile, les forces de police se d&#233;ploy&#232;rent pour proc&#233;der &#224; un encerclement serr&#233;. Aux sommations de leurs chefs les invitant &#224; se rendre, moyennant la promesse d&#8217;un sort n&#233;goci&#233;, les &#233;trangers r&#233;pliqu&#232;rent en exigeant le d&#233;p&#244;t, sous 24h, devant le portail d&#8217;entr&#233;e, d&#8217;une somme tout &#224; fait consid&#233;rable. Au cas contraire, ils provoqueraient l&#8217;explosion de la maison, avec tous ses occupants. Etant pr&#233;cis&#233; que rien ne devrait &#234;tre tent&#233; sur la personne qui irait recueillir les fonds. Ils s&#8217;&#233;clips&#232;rent sans laisser de traces.<br />
<br />
<b>3.</b> Le rapport entre ces braquages et autres enl&#232;vements avec les cr&#233;ateurs de la sup&#233;rette n&#8217;avait rien d&#8217;&#233;vident, aucun &#233;l&#233;ment d&#8217;enqu&#234;te ne permettant de l&#8217;&#233;tayer. Il se trouva cependant que des financiers flair&#232;rent le rapprochement, consid&#233;rant le d&#233;calage entre les r&#233;alisations et les capitaux engag&#233;s. Mais il ne s&#8217;agissait l&#224; que d&#8217;une hypoth&#232;se, qui, de surcro&#238;t, avait valeur g&#233;n&#233;rale, d&#8217;autres faits analogues s&#8217;&#233;tant produits dans le pays. Par contre, certains amis du groupe, qui connaissaient ses r&#233;elles disponibilit&#233;s financi&#232;res, s&#8217;&#233;taient &#233;tonn&#233;s de la rapidit&#233; avec laquelle s&#8217;&#233;tait op&#233;r&#233;e l&#8217;extension de l&#8217;entreprise. Mais ils y voyaient un mod&#232;le plut&#244;t qu&#8217;un d&#233;lit, le d&#233;sir de r&#233;p&#233;ter l&#8216;op&#233;ration &#224; leur compte l&#8217;emportait largement sur celui de la condamner.<br />
<br />
<b>4.</b> De telles pratiques criminalo-entrepreneuriales se multipliaient dans d&#8217;autres pays, sans qu&#8217;il soit possible &#233;videmment de faire le d&#233;part entre les purs actes de banditisme et les proc&#233;d&#233;s de compensation de la part de victimes de la conjoncture. Il apparaissait que, pour la premi&#232;re fois, aux yeux du plus grand nombre, les masques &#233;taient tomb&#233;s. Le syst&#232;me capitaliste en tant que tel &#233;tait enfin consid&#233;r&#233; comme responsable d&#8217;une situation qui entendait faire payer la crise par les citoyens contribuables, et en exon&#233;rait ceux l&#224; m&#234;mes qui l&#8217;avaient provoqu&#233;e.<br />
<br />
Le pr&#233;tendu &#171;&#160;retour de l&#8217;Etat&#160;&#187; confirmait l&#8217;&#233;troite complicit&#233; unissant politiques, hommes d&#8217;affaire et maffieux de tout poil. Les Conseils d&#8217;administration de la classe dominante agissaient conform&#233;ment &#224; leur vocation. Apr&#232;s avoir assur&#233; la pression sur les salaires, qu&#8217;exigeaient le service du n&#233;olib&#233;ralisme et de la concurrence &#171;&#160;libre et non fauss&#233;e&#160;&#187;, indispensable &#224; &#171;&#160;l&#8217;autor&#233;gulation&#160;&#187; du march&#233;, ils volaient au secours des pr&#233;dateurs &#224; coup de centaines de milliards, qu&#8217;ils avaient d&#233;clar&#233; introuvables pour satisfaire les moindres demandes sociales et qui repr&#233;sentaient les fruits du travail. Les pr&#233;pos&#233;s &#224; l&#8217;id&#233;ologie, arrogants ou cr&#233;tins, s&#8217;empressaient de renverser leurs discours de la veille ou de l&#8217;avant-veille. Du &#171;&#160;nous l&#8217;avions bien vu venir&#160;&#187; aux &#171;&#160;nationalisations&#160;&#187; et autres mesures &#171;&#160;socialistes&#160;&#187;, &#224; coiffer un Bush de la casquette de L&#233;nine, comme on l&#8217;avait dit, on d&#233;couvrait que le destructeur par excellence, le capitalisme mondialis&#233;, prenait la figure de l&#8217;h&#233;autontimoroumenos baudelairien, du bourreau de soi-m&#234;me, qui pouvait, de son propre mouvement en effet, se d&#233;truire lui-m&#234;me, mais en d&#233;truisant ceux qui avaient vocation &#224; le d&#233;truire C&#8217;&#233;tait &#224; qui r&#233;formerait, refonderait ou moraliserait le capitalisme, rendrait &#171;&#160;honn&#234;te&#160;&#187; le march&#233;, sanctionnerait les parachutes dor&#233;s, mais se contenterait de surveiller les op&#233;rations sp&#233;culatives et mod&#233;rer le recours aux paradis fiscaux. Toujours est-il que la r&#233;signation &#224; une fatalit&#233; qui gouvernerait le monde &#233;conomique comme la pesanteur le monde physique, entendons les &#171;&#160;lois du march&#233;&#160;&#187; assimil&#233;es aux lois de la nature, dont les gourous sans vergogne pr&#233;disaient les effets, &#224; la mani&#232;re des m&#233;t&#233;orologues le temps qu&#8217;il avait fait la veille, cette r&#233;signation &#233;tait &#224; l&#8217;agonie. D&#233;sormais, on voyait la grimace derri&#232;re la bonne mine, autrement dit les coupables, telle cette th&#233;orie de personnages tout-puissants, - banquiers, assureurs, PDG, hauts fonctionnaires, conseillers, directeurs du Tr&#233;sor ou de la Caisse des d&#233;p&#244;ts, sortant du cabinet d&#8217;un pr&#233;sident de la R&#233;publique, o&#249; ils venaient d&#8217;autopsier leur propre cadavre, ou bien, de l&#8217;&#233;tage au-dessus, les brochettes du G 20, ou du G 8, se demandant s&#8217;ils allaient &#234;tre condamn&#233;s au r&#244;le de fossoyeurs. L&#8217;ennemi, les ennemis avaient des visages sur lesquels on pouvait mettre des noms. <br />
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C&#8217;en &#233;tait fini de l&#8217;abstraction du &#171;&#160;patron&#160;&#187;, du &#171;&#160;chef&#160;&#187;, ou de &#171;&#160;l&#8217;exploiteur&#160;&#187;, aussi bien que des &#171;&#160;r&#233;formes allant dans le bon sens&#160;&#187;, de &#171;&#160;la r&#233;duction du ch&#244;mage&#160;&#187;, de la &#171;&#160;sauvegarde du pouvoir d&#8217;achat&#160;&#187;, etc. Des institutions &#233;taient enfin directement identifi&#233;es comme les associations de malfaiteurs qu&#8217;elles &#233;taient depuis leur cr&#233;ation, - OMC, FMI, BN&#8230;Les milliers de victimes occasionn&#233;s par leurs diktats en faveur de l&#8217;acquittement des int&#233;r&#234;ts de la dette et de la &#171;&#160;bonne gouvernance&#160;&#187; avaient beau &#234;tre invisibles, ou rendus tels, ils n&#8217;en demeuraient pas moins des laiss&#233;s pour compte, promis &#224; la mis&#232;re ou &#224; la mort. Concurremment se forgeait la conscience des immenses r&#233;servoirs de force que repr&#233;sentaient les masses, face &#224; une minorit&#233; de d&#233;cideurs, qui, il est vrai, disposaient du pouvoir, des moyens d&#8217;information/inculcation, de l&#8217;argent et des armes. Mais que pourraient-ils, &#171;&#160;quand tous les pauvres s&#8217;y mettront&#160;&#187;&#160;? Les pauvres pauvres, toujours plus nombreux dans les grandes d&#233;mocraties, les USA, par exemple, avec pr&#232;s de 50 millions, ou la France avec 7 millions dont 2 millions d&#8217;enfants, auxquels s&#8217;ajoutaient les pr&#233;caris&#233;s et les &#171;&#160;travailleurs pauvres&#160;&#187;, d&#233;couverts par la sociologie post-moderne, et tous les hors droits (migrants, sans papiers, sans logement, tous les handicap&#233;s d&#8217;une soci&#233;t&#233; &#224; deux vitesses), lesquels, &#224; leur tour, prenaient rang parmi ces centaines de millions de travailleurs dress&#233;s, il est vrai aussi, les uns contre les autres, par une impitoyable comp&#233;tition entre grands groupes imp&#233;rialistes. <br />
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<b>5. </b>Il eut &#233;t&#233; bien &#233;tonnant, et de fait compl&#232;tement inattendu, qu&#8217;une telle masse se dress&#226;t dans l&#8217;unit&#233;, l&#8217;harmonie et la raison, de fa&#231;on pacifique. Le couvercle de la marmite, &#224; peine soulev&#233;, ce fut le bordel, l&#8217;anarchie, faisant pendant &#224; celle du march&#233;, le tourbillon g&#233;n&#233;ral qui emporte les esclaves dont les cha&#238;nes tombent, les d&#233;port&#233;s tir&#233;s des camps, les enfants loups mis en pr&#233;sence des hommes, tous hagards, &#233;gar&#233;s, ne sachant quelle conduite tenir devant la situation nouvelle. En r&#233;alit&#233;, aucune m&#233;taphore ne tenait vraiment, c&#8217;&#233;tait pire, car le ressort d&#233;clench&#233; &#233;tait celui de la fureur et du ressentiment. D&#8217;une col&#232;re pouss&#233;e &#224; la haine. Le mod&#232;le de la sup&#233;rette ne pouvait faire &#233;cole et l&#8217;adoption de l&#8217;autogestion, au moins dans un premier moment, ne d&#233;passait pas le local. Libre cours fut donc laiss&#233; aux r&#232;glements de comptes, du cassage de gueule du petit chef au saccage du bureau directorial. Reconnu dans la rue, tel d&#233;put&#233; corrompu, tel animateur de t&#233;l&#233;vision conifiant l&#8217;opinion, tel &#233;lu pr&#233;varicateur ou concussionnaire, tel flic ripou, cogneur ou raciste, tel &#171;&#160;patron voyou&#160;&#187; (label officiel), tel &#233;ditorialiste de la presse &#224; la botte, tel &#171; intellectuel&#160;&#187; cire pompes, et, bien entendu, tel agent immobilier ou courtier d&#8217;affaire, subissait un ramassage sans sommation, du horion ou du crachat au coma. Responsable, pas responsable&#160;? Et de quoi&#160;? Questions rendues obsol&#232;tes. On pensait &#224; Marat d&#233;clarant que le nombre de sacrifi&#233;s par la r&#233;volution  &#233;tait sans commune mesure avec les interminables th&#233;ories de cadavres dues &#224; la royaut&#233;.<br />
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A noter que pour des raisons de r&#233;v&#233;rence d&#233;bile mais d&#251;ment int&#233;rioris&#233;e, vedettes du sport comme du grand et du petit &#233;cran, vautr&#233;es cependant sur des revenus &#233;quivalents &#224; plusieurs milliers de SMIG, se voyaient &#233;pargn&#233;es. Eclataient &#233;galement des &#233;meutes spontan&#233;es, provoqu&#233;es par la faim ou le d&#233;nuement, sous la forme de bris de commerces et de pillages de supermarch&#233;s. Luxe et opulence, pass&#233;s de l&#8217;offense &#224; la provocation, se traduisaient en attaques contre telle boutique de mode, tel restaurant et tel h&#244;tel r&#233;serv&#233;s au gratin. La crise &#233;tant mondiale, comme on sait, et s&#8217;aggravant de jour en jour, il n&#8217;y eut pratiquement pas de pays soustrait au grands charivari social, les expressions et mouvements de violence variant de l&#8217;un &#224; l&#8217;autre en fonction des situations v&#233;cues, i.e., de l&#8217;accumulation des frustrations et des s&#233;vices subis. On imagine sans mal combien les choses pouvaient &#234;tre diff&#233;rentes, selon qu&#8217;il s&#8217;agissait de la Sierra Leone, du P&#233;rou, de la Grande-Bretagne, du Sri Lanka, de Duba&#239; ou de la Serbie. Ici, en Afrique par exemple, des insurrections populaires se trouvaient manipul&#233;es par des chefs de guerre d&#233;sireux de se substituer aux r&#233;gimes en place&#160;; ailleurs, en Asie du Sud-est, une r&#233;pression f&#233;roce s&#8217;abattait sur les manifestants, faisant de nombreux morts et bless&#233;s et remplissant les prisons&#160;; ailleurs encore, en France, les forces de l&#8217;ordre recevaient, au nom de l&#8217;union nationale contre le recours &#224; la violence, le soutien de la gauche comme de la droite ouvertement associ&#233;es pour l&#8217;occasion. Dans les campagnes latino-am&#233;ricaines, les paysans r&#233;volt&#233;s &#233;taient &#233;cras&#233;s par les milices priv&#233;es des latifundistes, comme jadis ceux de l&#8217;Europe m&#233;di&#233;vale par les mercenaires f&#233;odaux&#8230;Des groupes avant-gardistes, ou d&#8217;extr&#234;me gauche, s&#8217;ins&#233;raient dans le mouvement par des actions spectaculaires. Le PDG de M&#8230;, couvert de millions pour avoir ruin&#233; son entreprise, &#233;tait abattu devant son domicile, un ministre de l&#8217;int&#233;rieur gard&#233; en otage pendant une huitaine. Un tir de bazooka, &#224; partir d&#8217;une voiture, frappait le si&#232;ge du patronat. Des r&#233;sidences secondaires de tr&#232;s grand standing &#233;taient incendi&#233;es. Des bombes, plac&#233;es de nuit par des nageurs sous-marins, sous la coque de voiliers ou de cabin cruisers, estim&#233;s &#224; des valeurs insolentes, provoquaient l&#8217;explosion de bassins r&#233;serv&#233;s &#224; la plaisance. Dans la conjoncture, en d&#233;pit des indignations des classes politiques toutes &#171;&#160;sensibilit&#233;s&#160;&#187; confondues, ces diverses actions rev&#234;taient un sens qu&#8217;elles n&#8217;&#233;taient jamais parvenues &#224; poss&#233;der auparavant, en p&#233;riodes consid&#233;r&#233;es comme calmes. Elles contribuaient &#224; la prise de conscience et inspiraient la n&#233;cessaire extension des luttes.<br />
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<b>6.</b> La crise gagnant en malfaisances, avec l&#8217;accroissement de fermetures d&#8217;entreprises, les licenciements massifs, la d&#233;gradation du pouvoir d&#8217;achat et, plus g&#233;n&#233;ralement, des conditions d&#8217;existence (travail, sant&#233;, &#233;ducation, logement, loisirs), le creusement, d&#8217;un mot, de toutes les in&#233;galit&#233;s, &#224; coups d&#8217;injustices, de discriminations et de flicages, il apparaissait de plus en plus clairement, aux yeux d&#8217;un nombre et plus en plus &#233;tendu de personnes, que le laminoir de la crise ne laisserait rien en l&#8217;&#233;tat et que le retour &#224; la situation de d&#233;part, jug&#233;e &#171;&#160;normale&#160;&#187;, &#233;tait interdit. Il ne s&#8217;agissait pas seulement des travailleurs, des pauvres et des exclus, les couches moyennes &#233;taient &#233;galement touch&#233;es&#160;: les commer&#231;ants&#160;; les professions lib&#233;rales&#160;; les petites et moyennes exploitations agricoles&#160;; les PME de l&#8217;industrie et de l&#8217;artisanat, asphyxi&#233;es par le manque de cr&#233;dits et, en tant que sous-traitantes, par la faillite des multinationales. <br />
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La lave ne cessait de monter dans le volcan social. Apr&#232;s une p&#233;riode t&#226;tonnante et marqu&#233;e de r&#233;actions isol&#233;es et sporadiques, elle d&#233;ferlait dans les avenues des m&#233;tropoles en courants &#233;normes qui envahissaient tout et rendaient vaines les tentatives pour les contenir et, moins encore, les contr&#244;ler. Les effectifs de police, toujours renforc&#233;s, &#233;taient d&#233;bord&#233;s et, avec eux, l&#8217;ensemble du syst&#232;me s&#233;curitaire, aussi sophistiqu&#233; ait-il &#233;t&#233;. Les d&#233;sertions de militaires appel&#233;s en renfort prolif&#233;raient. Edifices et si&#232;ges officiels, Bourses, Centres de radiot&#233;l&#233;vision, commissariats, minist&#232;res, jusqu&#8217;aux palais pr&#233;sidentiels, se voyaient emport&#233;s et investis par les foules. On &#233;tait &#224; des lieues des comptes gouttes protestataires qu&#8217;une gauche, au bout de ses l&#226;chages, l&#226;chet&#233;s, et complicit&#233;s avec le pouvoir, pr&#233;tendait offrir aux m&#233;contentements, avec ses d&#233;l&#233;gations, p&#233;titions, manifestations, &#224; la fois formelles  sectorielles et fugaces, et gr&#232;gr&#232;ves sans lendemain. Devant le brutal surgissement de classes en lutte, les histrions autoproclam&#233;s repr&#233;sentants du monde ouvrier et des forces populaires, &#233;taient &#233;vacu&#233;s comme des scories. A l&#8217;instar de ce qui s&#8217;&#233;tait pass&#233; &#224; toutes les p&#233;riodes historiques r&#233;volutionnaires, le mouvement affirmait ses propres exigences et produisait ses propres leaders. La radicalit&#233; &#233;tait &#224; l&#8217;ordre du jour, qui &#233;tablissait &#224; quel point un foss&#233; s&#8217;&#233;tait creus&#233; entre l&#8217;opposition creuse et complaisante d&#8217;une &#171;&#160;classe politique&#160;&#187; de gauche, qui ne parvenait plus &#224; se distinguer elle-m&#234;me de son homonyme de droite, et la conscience que les masses avaient prise de l&#8217;intol&#233;rable d&#8217;une situation, r&#233;v&#233;l&#233;e par la crise en cours dans sa pleine v&#233;rit&#233;. <br />
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Aussi n&#8217;&#233;tait-ce pas l&#8217;Etat qui faisait retour, mais bien le politique, enfoui sous le n&#233;o-lib&#233;ralisme, et r&#233;tabli dans son r&#244;le, par ceux-la m&#234;mes, les exploit&#233;s, qui en &#233;taient les l&#233;gitimes d&#233;tenteurs et les .garants. Les silenciados, comme on dit fortement en Am&#233;rique latine, prenaient ou reprenaient la parole. La d&#233;tresse claquait comme un drapeau. Bandeaux et menottes se d&#233;tachaient tout seuls, comme des peaux mortes. Des enfants, descendus de leurs tas d&#8217;ordures, rencontraient une dignit&#233;, toute neuve.  La volont&#233; populaire se substituait aux injonctions des actionnaires. Avec elle, la violence &#233;mancipatrice r&#233;affirmait sa n&#233;cessit&#233;, contre les palinodies consensuelles qui ne la condamnaient, et avec quelle conviction&#160;! qu&#8217;afin d&#8217;en r&#233;server le monopole au pouvoir et, partant, de sacraliser l&#8217;ordre dominant. Les bourgeoisies en place, solidement assises sur le socle de l&#8217;intouchable propri&#233;t&#233; priv&#233;e, jouissaient de la sorte de toute libert&#233; pour gouverner par les peurs, qu&#8217;elles suscitaient constamment, et  l&#8217;invention de terrorismes, qui masquait les atrocit&#233;s du leur. D&#8217;o&#249;, relanc&#233; par le Patriot Act, sur le pr&#233;texte des Twin Towers, le perfectionnement incessant des dispositifs s&#233;curitaires - satellites de surveillance, r&#233;seaux d&#8217;&#233;coute, cam&#233;ras, Echelon et Edwige, succ&#233;dant au Gladio, prolif&#233;ration et toute-puissance des services de renseignements, visant l&#8217;incarc&#233;ration id&#233;ologique &#171;&#160;citoyenne&#160;&#187; et la r&#233;pression de toute contestation, surtout sociale, le tout n&#8217;ayant nulle autre signification que celle d&#8217;une guerre aux pauvres, auxquels on assimilait l&#8217;ensemble des domin&#233;s. La d&#233;b&#226;cle imput&#233;e &#224; l&#8217;&#233;clatement de la &#171;&#160;bulle financi&#232;re&#160;&#187; &#233;tait en train de rendre inop&#233;rant tout ce bataclan.<br />
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<b>7.</b> Ladite d&#233;b&#226;cle du capitalisme mondialis&#233; &#233;tait-elle pour autant assur&#233;e&#160;?<br />
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Parvenus &#224; la nouvelle &#233;tape de leur globalit&#233;, en tant qu&#8217;ils &#233;taient mondiaux et qu&#8217;ils entra&#238;naient des foules, les mouvements anti-syst&#233;miques n&#8217;en pr&#233;sentaient toujours pas moins  de fortes disparit&#233;s. Sans pr&#233;tendre &#224; un tableau g&#233;opolitique complet, il &#233;tait possible de faire quelques observations, passibles d&#8217;&#234;tre rapidement remises en question par de nouveaux d&#233;veloppements. Les nations  dites &#171;&#160;occidentales&#160;&#187; et &#171;&#160;d&#233;mocratiques&#160;&#187;, les plus frapp&#233;es parce qu&#8217;elles formaient l&#8217;&#233;picentre du s&#233;isme, renouaient avec leurs traditions de luttes sociales. En Europe de l&#8217;Ouest, la conscience de classe s&#8217;arrachait de la l&#233;thargie, o&#249; l&#8217;avait plong&#233;e l&#8217;alternance de r&#233;gimes lib&#233;raux, sociaux-d&#233;mocrates ou &#171;&#160;socialistes&#160;&#187;, et rendait au monde du travail son initiative politique. En France, particuli&#232;rement, tout se passait comme si le patrimoine historique des r&#233;volutions refaisait surface, pour se d&#233;barrasser d&#8217;usurpateurs clownesques inf&#233;od&#233;s au service du profit. Compte tenu de leurs sp&#233;cificit&#233;s, il n&#8217;en allait pas autrement pour l&#8217;Allemagne, qui tenait enfin sa r&#233;unification&#160;; pour le Royaume Uni, o&#249; les dockers triomphaient de Thatcher and Co&#160;; pour l&#8217;Italie et pour l&#8217;Espagne, qui parvenaient, au terme e plusieurs d&#233;cennies d&#8217;ersatz, &#224; se d&#233;barrasser, l&#8217;une du fascisme l&#8217;autre du franquisme&#160;; pour le Portugal, lui aussi insuffisamment d&#233;salazaris&#233;, revenait vers ses &#339;illets&#160;; pour la Gr&#232;ce, qui &#233;chappait au filet de Yalta&#8230;. <br />
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L&#8217;exemple le plus significatif peut-&#234;tre &#233;tait donn&#233; par les Etats-Unis, o&#249; l&#8217;on assistait &#224; une v&#233;ritable r&#233;surrection de ce qui avait &#233;t&#233; jadis la classe ouvri&#232;re la plus dynamique du monde. Se trouvaient comme effac&#233;es les d&#233;cennies d&#8217;abrutissement et de supercheries du bipartisme, la derni&#232;re ayant co&#239;ncid&#233; avec l&#8217;&#233;clatement de la crise. En Europe de l&#8217;Est, une nouvelle g&#233;n&#233;ration, qui ne se sentait nullement comptable des errements du pass&#233;, remettait ses pas dans ceux des anciens, sans partager leur nostalgie, mais convaincue qu&#8217;ils n&#8217;avaient pas eu tort. Dans les pays scandinaves, o&#249; les tensions n&#8217;atteignaient pas des seuils aussi critiques, les choses paraissaient devoir se d&#233;rouler moins brutalement. L&#8217;Espagne, l&#8217;Irlande et l&#8217;Islande, que des politiques plus proches de l&#8217;aventurisme &#233;tatsunien avaient mises davantage mat en point, se voyaient contraintes de s&#8217;engager dans des voies plus radicales. Dans le grand corps russe, 17 remuait encore. La fange des oligarques spoliateurs et des politiciens restalinis&#233;s n&#8217;en avaient plus pour longtemps. Les contre r&#233;volutions perdaient leur couleur. <br />
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Elles passaient de l&#8217;orange au rouge. Les pays d&#8217;Am&#233;rique latine, qui avaient d&#233;j&#224; pris de l&#8217;avance en mati&#232;re de bouleversements politiques et qui &#233;taient rod&#233;s au cong&#233;diement exp&#233;ditif de gouvernements fin pourris se pr&#233;paraient &#224; franchir une nouvelle &#233;tape. La r&#233;volution bolivarienne gagnait comme un feu dans le maquis. Des r&#233;gimes qui s&#8217;&#233;taient vus contraints de liquider les ultimes traces de leurs dictatures et s&#8217;&#233;taient distanci&#233;s du tyran du Nord, &#233;taient m&#251;rs pour des transitions, dont ils poss&#233;daient plus que les pr&#233;misses. Qui sait si le sous continent indien, de son c&#244;t&#233;, n&#8217;allait pas, la fantasmagorie de la non-violence d&#233;finitivement &#233;cart&#233;e, &#233;pouser le mod&#232;le n&#233;palais&#160;? On aurait dit que le monde arabe, quant &#224; lui, n&#8217;attendait qu&#8217;une &#233;tincelle.&#160;Ses masses d&#233;cha&#238;n&#233;es, au sens propre comme au sens figur&#233;, par le coup qu&#8217;ajoutait la crise &#224; la somme de leurs servitudes, d&#233;fenestraient leurs satrapes, aussi cruels qu&#8217;imb&#233;ciles. La violence &#233;tait &#224; son comble&#160;: palais incendi&#233;s, militaires et policiers lynch&#233;s, ministres et ex-hauts responsables lapid&#233;s, sp&#233;culateurs pendus sans proc&#232;s. <br />
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Non seulement la justification religieuse n&#8217;avait aucune part aux &#233;v&#233;nements, mais les islamistes, qui tentaient de d&#233;tourner la col&#232;re &#224; leur profit, se voyaient rejet&#233;s, en tant que futurs oppresseurs, tout aussi lib&#233;raux que ceux qu&#8217;ils pr&#233;tendaient combattre. Le peuple palestinien, une fois encore, semblait faire exception. Rompus &#224; toutes les formes d&#8217;oppression, ses bourreaux, bloqu&#233;s dans leur fanatisme, disposaient d&#233;sormais sans obstacles des moyens d&#8217;une extermination compl&#232;te, avant leur propre disparition. L&#8217;Iran, qu&#8217;un tir atomique isra&#233;lien n&#8217;avait pas encore frapp&#233;, reprenait sa marche vers la d&#233;mocratie, bloqu&#233;e par le r&#233;gime des mollahs. L&#8217;Asie, en d&#233;pit de diff&#233;rences de situations non n&#233;gligeables, mais encore incertaines quant &#224; leur d&#233;roulement, repr&#233;sentait, du moins pour le moment, une zone plus paisible, gr&#226;ce aux capacit&#233;s, valables surtout pour la Chine, qu&#8217;offrait le fait d&#8217;avoir engrang&#233; la plus &#233;norme quantit&#233; de dollars et d&#8217;avoir un niveau de consommation extr&#234;mement bas. La reprise de la Longue Marche n&#233;anmoins &#233;tait moins &#233;loign&#233;e qu&#8217;il ne paraissait. Le Japon voisin rencontrait la chance d&#8217;en finir avec son hyper capitalisme f&#233;odal. L&#8217;Afrique, lamin&#233;e par des formes d&#8217;exploitation qui avaient pris le relais des coloniales en les aggravant, &#233;cras&#233;e par la dette, d&#233;chir&#233;e par des rivalit&#233;s &#171;&#160;tribales&#160;&#187;, orchestr&#233;es et rythm&#233;es par les divers imp&#233;rialismes en comp&#233;tition pour l&#8217;accaparement de ses richesses, se donnait toujours comme la part maudite de l&#8217;humanit&#233;. On avait l&#8217;impression qu&#8217;elle h&#233;sitait, ou se sentait impuissante, entre une violence subie, dont on savait &#224; quel point elle avait &#233;t&#233; meurtri&#232;re, et une violence volontaire, dont, en la quasi absence de forces organis&#233;es et de leaders irr&#233;prochables, le risque ne pouvait &#234;tre &#233;cart&#233; de manipulations internes pourvoyeuses de nouvelles &#233;preuves. Devrait-elle attendre, de la part d&#8217;un &#171;&#160;Occident&#160;&#187; lui-m&#234;me lib&#233;r&#233;, la sollicitude et les solidarit&#233;s dont elle avait &#233;t&#233; si f&#233;rocement priv&#233;e&#160;? <br />
<br />
<b>8.</b> L&#8217;av&#232;nement d&#8217;un &#171;&#160;autre monde&#160;&#187;, cette fois, dans le r&#233;el et non plus dans des &#233;lucubrations mystificatrices, &#233;tait &#224; l&#8217;ordre du jour, &#224; travers ces soul&#232;vements sans pr&#233;c&#233;dent, r&#233;pondant &#224; une crise elle-m&#234;me sans pr&#233;c&#233;dent du capitalisme. Mais on ne pouvait pourtant faire bon march&#233; de l&#8217;extraordinaire r&#233;serve de nuisances des classes dominantes.<br />
<br />
S&#8217;imposait, en premier lieu, la consid&#233;ration de cette donn&#233;e que le capitalisme, tout au long de son histoire, &#233;tait toujours parvenu &#224; surmonter ses propres crises. L&#8217;actuelle, par son caract&#232;re proprement inou&#239;, dans sa profondeur (elle touchait la totalit&#233; du syst&#232;me) et dans son extension (elle &#233;tait plan&#233;taire) &#233;chapperait-elle &#224; la r&#232;gle&#160;? A voir le nombre, la qualit&#233; et l&#8217;ampleur des dispositifs mis en place pour lui faire face et la surmonter, il s&#8217;av&#233;rait prudent d&#8217;en douter et de tenir, jusqu&#8217;&#224; la preuve, encore h&#233;sitante, du contraire, qu&#8217;il n&#8217;y avait d&#233;cid&#233;ment  pas d&#8217;infarctus des modes de production. Marx, qui &#233;tait pourtant convaincu qu&#8217;il fallait que creus&#226;t la &#171;&#160;vieille taupe&#160;&#187;, autrement dit que le &#171;&#160;fossoyeur&#160;&#187; prol&#233;tarien rempl&#238;t son office, n&#8217;avait pas &#233;cart&#233; l&#8217;hypoth&#232;se d&#8217;une mortelle rupture d&#8217;an&#233;vrisme. La suite en a tranch&#233;. Sans revenir &#224; 1929, dont les Etats-Unis sortirent par leur participation &#224; la guerre plut&#244;t que par le New Deal, il suffit de prendre quelques cas dans la kyrielle des crises qui se sont succ&#233;d&#233;es simplement depuis les ann&#233;es 80 du si&#232;cle dernier, ce qui ne fait qu&#8217;une trentaine d&#8217;ann&#233;es. En octobre 1987, le krach boursier avait concern&#233; les Etats-Unis et l&#8217;Europe&#160;; en 1988, la faillite provoqu&#233;e par les junk bonds avait d&#233;j&#224; suscit&#233; l&#8217;intervention de l&#8217;Etat des E.U, qui avait ponctionn&#233; 500 milliards de dollars dans les caisses d&#8217;&#233;pargne&#160;; en 1991, la bulle financi&#232;re avait crev&#233; au Japon&#160;; en 2000, le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne avait provoqu&#233; une catastrophe en cha&#238;ne, des scandales Enron, Wordlcom et Vivendi, jusqu&#8217;&#224; la tourmente argentine de la fin 2001. Aujourd&#8217;hui, la mobilisation g&#233;n&#233;rale avait &#233;t&#233; d&#233;cr&#233;t&#233;e chez les pays riches, les &#233;mergents se contentant d&#8217;un r&#244;le d&#8217;observateurs.<br />
<br />
 Dans la confusion d&#8217;ensemble, puisqu&#8217;au sein m&#234;me de la communaut&#233; europ&#233;enne, malgr&#233; les rodomontades unitaires, chaque pays tirait la couverture &#224; soi, c&#8217;&#233;tait &#224; qui, des financiers, des cuistres de l&#8217;&#233;conomie et des think thanks, proposerait les mesures les plus audacieuses, afin de s&#8217;en sortir aux moindres frais. Un unique point d&#8217;accord&#160;: il fallait sauver le capitalisme. On ne regardait pas aux moyens, quitte, sans &#233;tats d&#8217;&#226;me, &#224; br&#251;ler ce qu&#8217;on avait encens&#233;, - l&#8217;apologie du march&#233;, les d&#233;r&#233;glementations, les privatisations, la flexibilit&#233; et les d&#233;localisations&#160;ou les succ&#232;s des traders et autres golden boys les plus rapaces. On ne craignait pas de d&#233;noncer, comme si elle n&#8217;avait &#233;t&#233; qu&#8217;un accident de parcours, dans la sp&#233;culation financi&#232;re, la perversion du syst&#232;me, &#224; laquelle une bonne th&#233;rapie permettrait de recouvrer la sant&#233;. Encore &#233;tait-il notable qu&#8217;en plein effondrement, diagnostiqu&#233; comme tel, que d&#8217;avis&#233;s charognards pariaient sur l&#8217;avenir, s&#8217;empressaient d&#8217;acqu&#233;rir logements et commerces en d&#233;sh&#233;rence. L&#8217;Etat lui-m&#234;me n&#8217;escomptait-il pas tirer des profits substantiels des participations qu&#8217;il prenait dans des banques et des entreprises moribondes&#160;?<br />
Car, le capitalisme n&#8217;a pas de politique qui lui soit inh&#233;rente. La d&#233;mocratie est le r&#233;gime, qui sans doute lui convient le mieux, en ce qu&#8217;il lui laisse les coud&#233;es franches, mais il a prouv&#233;, &#224; de nombreuses reprises, qu&#8217;il sait y renoncer, quand sa survie est en cause, par le recours &#224; des formes autoritaires dissimul&#233;es, &#224; la dictature franche et ouverte ou aux fascismes. Le capitalisme d&#8217;Etat, ce monstre qu&#8217;il n&#8217;avait cess&#233; de vilipender, ne lui faisait plus peur, sous la condition, bien entendu, de socialiser les pertes dues aux capitaux &#171;&#160;toxiques&#160;&#187; et de garder la haute main sur l&#8217;Etat. <br />
<br />
Divers scenarii se pr&#233;sentaient comme possibles. Le premier, au d&#233;but de l&#8217;insurrection de masse, et provisoirement encore dans certains cas particuliers, avait consist&#233; &#224; &#233;difier un barrage de mesurettes, qui desserraient certaines contraintes (TVA, par exemple), en promettaient d&#8217;autres contre les nantis (primes patronales, imp&#244;ts sur la richesse), proc&#233;daient &#224; des &#171;&#160;nationalisations&#160;&#187;, de fait in&#233;vitables, ou promouvaient &#224; grand fracas des&#160;avanc&#233;es pr&#233;tendument &#171;&#160;d&#233;mocratiques&#160;&#187;. Ce sc&#233;nario de compromis social, tablant sur le retour au calme, avait d&#251; rapidement c&#233;der le pas &#224; la proclamation d&#8217;un &#233;tat d&#8217;urgence ne reculant devant aucune disposition r&#233;pressive. Les bourgeoisies accul&#233;es avaient jet&#233; toutes leurs forces dans la bataille et opposaient leur potentiel ultra perfectionn&#233; de violences &#224; la violence populaire, arm&#233;e de son seul nombre et de sa volont&#233; de lib&#233;ration. L&#8217;&#233;tat de servitude consentie, une fois balay&#233; par l&#8217;agressivit&#233; de la crise, l&#8217;unique issue politique demeurait l&#8217;Etat de classe reposant sur son propre poids. Que si, par le plus grand des miracles, les capi di tutti capi capitalistes avaient renonc&#233; &#224; leur h&#233;g&#233;monie, qui se serait plaint de l&#8217;&#233;conomie de sang&#160;vers&#233; ainsi rendue possible?<br />
<br />
<b>9.</b> Il n&#8217;existait donc pas d&#8217;autre alternative &#224; la barbarie que le socialisme. Le paradoxe, pour ne pas parler de brutale contradiction, avait surgi en toute lumi&#232;re entre la n&#233;cessit&#233; d&#8217;en finir avec le capitalisme, qui paraissait enfin &#224; port&#233;e de main, et l&#8217;absence de forces susceptibles de la porter. La situation pouvait &#234;tre dite r&#233;volutionnaire, &#224; l&#8217;&#233;chelle du monde entier, gr&#226;ce pr&#233;cis&#233;ment &#224; la &#171;&#160;mondialisation&#160;&#187;, mais ses op&#233;rateurs potentiels ne l&#8217;&#233;taient pas. Ils demeuraient ligot&#233;s par leurs bourgeoisies dans un syst&#232;me auquel, &#224; de rares exceptions pr&#232;s, tout l&#8217;&#233;ventail des &#171;&#160;gauches&#160;&#187; s&#8217;&#233;tait soit soumis, soit ralli&#233;. Les mouvements de masses, par leur propre dynamisme, avaient ruin&#233; les consensus les mieux indur&#233;s et rendu &#224; la lutte de classe ses propri&#233;t&#233;s de vecteur international. Les r&#233;seaux de communication, eux aussi mondialis&#233;s, ne se substituaient pas aux luttes, comme l&#8217;avaient cru, de bonne ou de mauvaise foi quelques songe-creux, mais ils poss&#233;daient l&#8217;avantage de leur servir de porte-voix, en diffusant partout exp&#233;riences et solidarit&#233;s. Au point de r&#233;plique o&#249; elle &#233;tait parvenue, l&#8217;effervescence plan&#233;taire, quel qu&#8217;ait &#233;t&#233; le degr&#233; atteint au sein des diff&#233;rentes conjonctures, lib&#233;rait une esp&#233;rance, qui n&#8217;avait pas non plus de pr&#233;c&#233;dent. Le temps des foyers vite &#233;teints, aussi bien que celui des transitions avort&#233;es et des r&#233;volutions d&#233;voy&#233;es, touchait &#224; son terme. Il devenait loisible de penser que c&#8217;&#233;tait dans les m&#233;tropoles m&#234;mes o&#249; il &#233;tait apparu, s&#8217;&#233;tait &#233;panoui et avait exerc&#233; sa domination mondiale, que le capitalisme courait le plus grand danger. Au bout d&#8217;un si&#232;cle et demi d&#8217;une histoire gav&#233;e de fureurs, de peurs et d&#8217;errements de toute esp&#232;ce, Marx finirait peut-&#234;tre par avoir raison. Le processus r&#233;volutionnaire, si malmen&#233;, si controuv&#233; hors de sa terre natale, allait triompher, comme annonc&#233;, mais longtemps d&#233;menti,&#160; dans les pays les plus d&#233;velopp&#233;s &#233;conomiquement, politiquement, o&#249; les affrontements de classe avaient &#233;pous&#233; les formes les plus radicales. Ayant abattu la B&#234;te, ils auraient alors &#224; proposer au concert de nations &#233;gales le mod&#232;le le plus antinomique de celui qu&#8217;ils avaient impos&#233;, des si&#232;cles durant, dans les larmes et le sang. La fondation, de la d&#233;mocratie, serait enfin la t&#226;che commune. Les premi&#232;res mesures adopt&#233;es dans les situations nationales en voie de lib&#233;ration s&#8217;y employaient.<br />
<br />
Dans la guerre provoqu&#233;e par la crise, cette hypoth&#232;se poss&#233;dait la probabilit&#233; la plus haute. Elle donnait, pour la premi&#232;re fois, &#224; l&#8217;alternative d&#8217;un ordre international de justice et de progr&#232;s sociaux, sa chance r&#233;elle. Son &#233;chec se payerait des plus graves r&#233;gressions et d&#8217;un nouvel esclavage. Sa victoire, sur laquelle misait une prudence confiante, marquerait en effet la fin de la pr&#233;histoire de l&#8217;humanit&#233;.<br />
<br />
<b>10.</b> On aura compris que le r&#233;cit que l&#8217;on vient de lire n&#8217;est pas une fiction utopique. C&#8217;est un appel &#224; l&#8217;insurrection.<br />
									<br />
<i>Le Pecq<br />
Oct.-nov. 2008</i>]]></content:encoded>
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		<title>&#171; La transition au socialisme en Europe et aux Etats-Unis &#187;</title>
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		<description>Cher(e)s ami(e)s et camarades,

A mon tour de remercier nos h&#244;tes v&#233;n&#233;zu&#233;liens de leur invitation et de leur accueil, comme toujours magnifiques. Avant tout, je vous prierais de m&#8217;excuser et de pardonner mon si mauvais espagnol. Mais j&#8217;ai pens&#233; qu&#8217;il serait pr&#233;f&#233;rable pour vous d&#8217;&#233;couter un espagnol fort m&#233;diocre plut&#244;t qu&#8217;un ...</description>
		<content:encoded><![CDATA[Cher(e)s ami(e)s et camarades,<br />
<br />
A mon tour de remercier nos h&#244;tes v&#233;n&#233;zu&#233;liens de leur invitation et de leur accueil, comme toujours magnifiques. Avant tout, je vous prierais de m&#8217;excuser et de pardonner mon si mauvais espagnol. Mais j&#8217;ai pens&#233; qu&#8217;il serait pr&#233;f&#233;rable pour vous d&#8217;&#233;couter un espagnol fort m&#233;diocre plut&#244;t qu&#8217;un fran&#231;ais &#224; peu pr&#232;s correct.<br />
<br />
Je confesserai qu&#8217;en prenant connaissance du th&#232;me qui m&#8217;avait &#233;t&#233; propos&#233; pour la conf&#233;rence de cette soir&#233;e, j&#8217;ai &#233;prouv&#233; deux surprises totalement oppos&#233;es entre elles.<br />
<br />
La premi&#232;re me donnait &#224; penser que la question de la transition au socialisme &#233;tait d&#233;sormais une affaire r&#233;gl&#233;e pour l&#8217;Europe comme pour les Etats-Unis, puisque, de toutes parts, on proclame que la fin des politiques n&#233;o-lib&#233;rales et du r&#232;gne du march&#233;, donc peut-&#234;tre du capitalisme est arriv&#233;e. &#171;&#160;Retour de l&#8217;Etat&#160;&#187;, condamnation de la sp&#233;culation et de la &#171;&#160;bulle financi&#232;re&#160;&#187;, nationalisations et &#171;&#160;moralisation&#160;&#187;, tels sont les slogans affich&#233;s aujourd&#8217;hui par les banquiers en faillite et les politiques qui les ont couverts. Un journaliste  ne craignait pas de dire que Bush avait coiff&#233; la casquette de L&#233;nine et, dans son discours d&#8217;hier, votre Pr&#233;sident  lui donnait comiquement du &#171;&#160;camarada&#160;&#187;. Mais, tr&#234;ve de plaisanterie.<br />
Ma seconde surprise fut que le fait m&#234;me de poser la question de cette transition &#233;tait totalement d&#233;pourvu de sens, l&#8217;Europe comme les Etats-Unis se trouvant encore fort &#233;loign&#233;s de tout changement radical.<br />
<br />
D&#232;s lors s&#8217;imposait de consid&#233;rer deux types de r&#233;flexion, qu&#8217;il ne sera pas possible de d&#233;velopper dans un temps aussi bref que celui d&#8217;une conf&#233;rence.<br />
<br />
Quelles sont les raisons de cette apparente impossibilit&#233;&#160;?<br />
<br />
Je me bornerai &#224; &#233;voquer la nature du capitalisme mondialis&#233;, car c&#8217;est bien de cela qu&#8217;il s&#8217;agit. Sa sp&#233;cificit&#233; tient &#224; son caract&#232;re destructeur. Le temps n&#8217;est plus o&#249; Marx et Engels soulignaient, dans leur <b>Manifeste</b>, le r&#244;le progressiste jou&#233; historiquement par la bourgeoisie, dans la liquidation du f&#233;odalisme et dans la r&#233;volution permanente des moyens de production. Et ce caract&#232;re destructeur n&#8217;&#233;pargne aucun domaine, du travail, de la sant&#233;, de l&#8217;environnement, de la d&#233;mocratie, du social, du judiciaire ou de l&#8217;intellectuel et m&#234;me du financier, le syst&#232;me, ainsi que nous le voyons actuellement, parvenant &#224; se phagocyter lui-m&#234;me. Un seul exemple&#160;: tout se passe comme s&#8217;il existait des &#171;&#160;hommes en trop&#160;&#187;, sans emploi, sans papiers, exclus de toutes sortes&#160;; et m&#234;me des peuples, comme ceux de Palestine ou d&#8217;Irak, dont on souhaiterait se d&#233;barrasser comme s&#8217;il s&#8217;agissait d&#8217;ordures. Le &#171;&#160;d&#233;mocrate&#160;&#187; Clinton ne d&#233;clarait-il pas que les Etats-Unis &#233;taient &#171;&#160;la seule nation n&#233;cessaire&#160;&#187;&#160;?<br />
<br />
Le cynisme de l&#8217;id&#233;ologie de la guerre contre le terrorisme, qui s&#8217;est substitu&#233;e &#224; celle des Droits de l&#8217;Homme, d&#233;nonc&#233;e par sa propre hypocrisie, justifie, depuis le Patriot act adopt&#233; sur le pr&#233;texte des attentats du 11 septembre 2001 (qui n&#8217;ont donn&#233; lieu &#224; aucune enqu&#234;te officielle), dans tous les pays, des mesures dites &#171;&#160;s&#233;curitaires&#160;&#187;, qui, en fait, ne visent que la surveillance et  la r&#233;pression de toute forme de contestation, singuli&#232;rement populaire. L&#8217;Etat, organisateur de l&#8217;ins&#233;curit&#233; a fait de la peur, des peurs, concomitantes des destructions qu&#8217;il provoque lui-m&#234;me, un moyen d&#8217;h&#233;g&#233;monie, lui assurant le monopole de la violence. Ainsi, la guerre &#233;lev&#233;e au rang d&#8217;une politique et le terrorisme d&#8217;Etat redoublent une exploitation &#233;conomique, port&#233;e &#224; son paroxysme, et cr&#233;atrice d&#8217;in&#233;galit&#233;s sans cesse accrues. L&#8217;imp&#233;rialisme, sous leadership &#233;tatsunien, a mondialis&#233; la violence.<br />
<br />
Une situation de &#171;&#160;servitude volontaire&#160;&#187; en est la cons&#233;quence, aussi bien en Europe qu&#8217;aux Etats-Unis. Elle est due &#224; l&#8217;absence de toute perspective r&#233;solument anti-syst&#233;mique, de la part de &#171;&#160;gauches&#160;&#187;, syndicales comme politiques, ralli&#233;es au r&#233;formisme et &#224; la gestion du capitalisme.<br />
<br />
Partant, nous nous trouvons en pr&#233;sence de la situation la plus paradoxale qui soit. D&#8217;un c&#244;t&#233;, la crise d&#233;masque les rouages de la domination qui l&#8217;ont provoqu&#233;e, qu&#8217;il s&#8217;agisse des actions criminelles des bourgeoisies au pouvoir ou de la gouvernance mondiale, que repr&#233;sentent ces v&#233;ritables associations de malfaiteurs que sont le FMI, l&#8217;OMC, ou la BM.  D&#8217;un autre c&#244;t&#233;, les masses souffrent encore de leur impuissance &#224; s&#8217;emparer de l&#8217;opportunit&#233; qui leur est offerte de &#171;&#160;changer le monde&#160;&#187;. Or, l&#8217;occasion, en comparaison des pr&#233;c&#233;dentes crises, est tout &#224; fait exceptionnelle, en ce qu&#8217;elle rend visible, au sens fort, le responsable, ou plut&#244;t l&#8217;ennemi en personne, c'est-&#224;-dire le mode de production capitaliste, parvenu au stade de la mondialisation. Un r&#233;cent sondage, en France, faisait appara&#238;tre que telle &#233;tait l&#8217;opinion de 65% des personnes interrog&#233;es. Ce qui revient &#224; dire, pour parler clair, que, face aux incalculables d&#233;sastres qui se pr&#233;parent, la r&#233;volution est &#224; l&#8217;ordre du jour.<br />
<br />
Comme le disait Jos&#233; Marti&#160;: &#171;&#160;En lo politico, lo real es lo que no se ve&#160;&#187;. Il nous appartient &#224; nous, intellectuels engag&#233;s, si minime que soit notre pouvoir, de traverser les miroirs de tromperies et de mensonges, afin de nous faire les &#233;chos des luttes des travailleurs qui ne cessent de se multiplier et touchent aussi bien les exclus, en nombre croissant, que les couches moyennes, victimes, &#224; leur tour, du syst&#232;me n&#233;o-lib&#233;ral. Le refus, par exemple, de la prison capitaliste que repr&#233;sente la pr&#233;tendue Union Europ&#233;enne, exprim&#233; par les peuples fran&#231;ais, hollandais et irlandais, qui bloqu&#232;rent le processus d&#8217;int&#233;gration, lors du referendum sur la nouvelle constitution, t&#233;moigne de la possibilit&#233; de r&#233;sistances, malgr&#233; la volont&#233; de leurs bourgeoisies d&#8217;annuler ces scrutins. Je ne peux d&#233;velopper cette tr&#232;s importante affaire, je souhaite seulement attirer l&#8217;attention sur les armes dont nous disposons pour provoquer, impulser et aider la transition. Sans qu&#8217;il soit n&#233;cessaire, pour cela, de recourir &#224; la fantasmagorie d&#8217;un &#171;&#160;socialisme du 21 &#232;me si&#232;cle&#160;&#187;, ou de quelque &#171;&#160;altermondialisme&#160;&#187;. Notre boussole ne consiste pas non plus en la d&#233;nonciation de la fiction de &#171;&#160;l&#8217;Empire&#160;&#187; Elle demeure aujourd&#8217;hui comme hier la lutte de classes, &#224; la fois internationale, avec les centaines de millions de travailleurs russes et chinois tomb&#233;s sous l&#8217;ordre dominant, et nationale, tant il reste &#233;galement vrai que chacun doit lutter dans son propre pays, en fonction de son histoire et du rapport des forces en pr&#233;sence. Ajoutons que la &#171;&#160;B&#234;te&#160;&#187;, comme disait ici m&#234;me, il y a quelques ann&#233;es, Ramsay Clark, en &#233;voquant l&#8217;imp&#233;rialisme &#233;tatsunien, est doublement bless&#233;e, sur son propre territoire, o&#249; elle a donn&#233; la preuve de son incapacit&#233; face &#224; la catastrophe, qui a frapp&#233; la Nouvelle-Orl&#233;ans, et &#224; l&#8217;ext&#233;rieur, avec les guerres perdues d&#8217;Irak, d&#8217;Afghanistan et, par Isra&#235;l interpos&#233;, du Liban. En d&#233;pit des bras cass&#233;s des gauches institutionnelles, syndicales et politiques, des mots d&#8217;ordre de port&#233;e mondiale, pourraient &#234;tre avanc&#233;s en faveur du d&#233;mant&#232;lement des bases militaires et des paradis fiscaux, de l&#8217;opposition &#224; la marchandisation de l&#8217;eau, ou &#224; la destruction des services publics, entre autres. Sans oublier que la fin de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e et la conqu&#234;te du pouvoir par les travailleurs demeurent des t&#226;ches essentielles, et, avec elles, le recours &#224; la violence &#233;mancipatrice, chaque fois qu&#8217;elle s&#8217;imposera.]]></content:encoded>
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		<item rdf:about="http://www.lahaine.org/labica/index.php?p=52&amp;c=1">
		<title>Le carrefour de mai 68</title>
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		<dc:date>2008-07-20T07:22:00</dc:date>
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		<description>En bref&#160;: 78, c&#8217;&#233;tait encore trop frais&#160;; 88 et 98, il fallait sans doute attendre que se dissipent les effets de la chute du mur de Berlin et qu&#8217;&#233;clatent au grand jour, apr&#232;s les illusions lib&#233;rales, les malfaisances de la mondialisation. Aujourd&#8217;hui, en un temps record, se sont multipli&#233;es et ...</description>
		<content:encoded><![CDATA[En bref&#160;: 78, c&#8217;&#233;tait encore trop frais&#160;; 88 et 98, il fallait sans doute attendre que se dissipent les effets de la chute du mur de Berlin et qu&#8217;&#233;clatent au grand jour, apr&#232;s les illusions lib&#233;rales, les malfaisances de la mondialisation. Aujourd&#8217;hui, en un temps record, se sont multipli&#233;es et ont &#233;t&#233; jet&#233;es sur le march&#233;, des centaines de livres, d&#8217;articles, d&#8217;entretiens, d&#8217;&#233;mission de radio et de t&#233;l&#233;, de num&#233;ros sp&#233;ciaux de revues et de films, donnant lieu &#224; un nombre aussi incalculable d&#8217;interpr&#233;tations, d&#8217;attitudes et de jugements, des spontan&#233;s aux pr&#233;par&#233;s de longue main par des sp&#233;cialistes du calendrier, les brossages complaisants d&#8217;ego l&#8217;emportant, bien entendu, sur les travaux soucieux de nouveaux  apports de connaissances.<br />
<br />
<b><a href="http://www.lahaine.org/labica/b2-img/mai68.pdf" title="" />Lire plus [PDF]</a></b>]]></content:encoded>
	</item>
		<item rdf:about="http://www.lahaine.org/labica/index.php?p=53&amp;c=1">
		<title>Violence et mondialisation (L&#8217;id&#233;ologie de la lutte contre le terrorisme)</title>
		<link>http://www.lahaine.org/labica/index.php?p=53&amp;c=1</link>
		<dc:date>2008-06-12T07:25:00</dc:date>
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		<description>Qui m&#8217;a valu l&#8217;honneur d&#8217;&#234;tre invit&#233; par la prestigieuse Acad&#233;mie de Carthage. Je pr&#233;senterai certains de mes points de d&#233;part, avant d&#8217;en venir &#224; des consid&#233;rations plus contemporaines, sur la relation entre violence et mondialisation. L&#8217;objet violence.

Lire plus [PDF] </description>
		<content:encoded><![CDATA[Qui m&#8217;a valu l&#8217;honneur d&#8217;&#234;tre invit&#233; par la prestigieuse Acad&#233;mie de Carthage. Je pr&#233;senterai certains de mes points de d&#233;part, avant d&#8217;en venir &#224; des consid&#233;rations plus contemporaines, sur la relation entre violence et mondialisation. L&#8217;objet violence.<br />
<br />
<b><a href="http://www.lahaine.org/labica/b2-img/violence_sorbonne.pdf" title="" />Lire plus [PDF]</a></b>]]></content:encoded>
	</item>
		<item rdf:about="http://www.lahaine.org/labica/index.php?p=51&amp;c=1">
		<title>Th&#233;orie de la violence (extraits)</title>
		<link>http://www.lahaine.org/labica/index.php?p=51&amp;c=1</link>
		<dc:date>2008-03-30T08:37:00</dc:date>
		<dc:creator>:: (mailto:la&#98;i&#99;a&#64;&#103;&#109;ai&#108;&#46;co&#109;)</dc:creator>
		<dc:subject>Violence</dc:subject>
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		<description>semimarx.free.fr

 Et elle est sp&#233;cifique, s&#8217;il est vrai qu&#8217;il existe des &#171; voies nerveuses de la souffrance&#8230;diff&#233;rentes des voies de la douleur comme sensation discriminante &#187; .

Job souffre, l&#8217;impr&#233;cateur, soulev&#233; de r&#233;volte et fr&#233;missant de col&#232;re contre l&#8217;injustice qui le frappe. Prom&#233;th&#233;e, tout Dieu qu&#8217;il est, souffre. M&#233;d&#233;e, la chthonienne, ...</description>
		<content:encoded><![CDATA[<i>semimarx.free.fr</i><br />
<br />
 Et elle est sp&#233;cifique, s&#8217;il est vrai qu&#8217;il existe des &#171; voies nerveuses de la souffrance&#8230;diff&#233;rentes des voies de la douleur comme sensation discriminante &#187; .<br />
<br />
Job souffre, l&#8217;impr&#233;cateur, soulev&#233; de r&#233;volte et fr&#233;missant de col&#232;re contre l&#8217;injustice qui le frappe. Prom&#233;th&#233;e, tout Dieu qu&#8217;il est, souffre. M&#233;d&#233;e, la chthonienne, fille du soleil, souffre quand elle tue ses enfants, auxquels elle veut &#233;pargner les frivolit&#233;s de la vie citadine. Ca&#239;n, le fils m&#233;pris&#233;, souffre. Oreste et Electre, les enfants maudits souffrent. Et Titus lui-m&#234;me. Et la digne Lucr&#232;ce. Et J&#233;sus, le juste, acquittant d&#8217;avance les dettes qui ne sont pas les siennes. Et Catherine, Georges et tous ceux auxquels leur saintet&#233; valut le martyre. Les d&#233;mences qui hantent les th&#233;&#226;tres grec et shakespearien sont autant d&#8217;expressions de souffrances, inflig&#233;es par des Dieux capricieux ou des tyrans cruels. L&#8217;&#233;ventail des violences r&#233;pond &#224; l&#8217;&#233;ventail des souffrances.<br />
<br />
<b><a href="http://www.lahaine.org/labica/b2-img/labica_TdlV-extraits.pdf" title="" />Read article [PDF]</a></b>]]></content:encoded>
	</item>
		<item rdf:about="http://www.lahaine.org/labica/index.php?p=50&amp;c=1">
		<title>Pour une th&#233;orie de la violence</title>
		<link>http://www.lahaine.org/labica/index.php?p=50&amp;c=1</link>
		<dc:date>2008-03-04T01:11:00</dc:date>
		<dc:creator>:: (mailto:&#108;&#97;b&#105;c&#97;&#64;g&#109;a&#105;l.&#99;&#111;m)</dc:creator>
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		<description>1. L&#8217;objet violence poss&#232;de une extension infinie et une compr&#233;hension quasi nulle. 
2. la violence n&#8217;est pas un fait naturel, mais un fait culturel.
3. La fin de la raret&#233; n&#8217;a pas mis fin &#224; la violence.
4. La condamnation unanime de la violence n&#8217;a pas entra&#238;n&#233; sa r&#233;duction
5. Les diagnostics critiques ...</description>
		<content:encoded><![CDATA[1. L&#8217;objet violence poss&#232;de une extension infinie et une compr&#233;hension quasi nulle. <br />
2. la violence n&#8217;est pas un fait naturel, mais un fait culturel.<br />
3. La fin de la raret&#233; n&#8217;a pas mis fin &#224; la violence.<br />
4. La condamnation unanime de la violence n&#8217;a pas entra&#238;n&#233; sa r&#233;duction<br />
5. Les diagnostics critiques de la mondialisation lui sont inad&#233;quats.<br />
 <br />
Il nous faut partir d&#8217;un constat &#233;vident. La place occup&#233;e aujourd&#8217;hui par la violence, au vrai par les violences, n&#8217;a jamais &#233;t&#233; aussi importante. Elle appara&#238;t comme la pr&#233;occupation principale de l&#8217;humanit&#233;. Elle est v&#233;cue comme une fatalit&#233;, aboutissant &#224; la fois &#224; une  r&#233;signation &#224; l&#8217;ordre &#233;tabli et &#224; la fascination d&#8217;un voyeurisme de masse.<br />
<br />
<b><a href="http://www.lahaine.org/labica/b2-img/labica_violence_01.pdf" title="" />Read article [PDF]</a></b>]]></content:encoded>
	</item>
		<item rdf:about="http://www.lahaine.org/labica/index.php?p=49&amp;c=1">
		<title>Vaincre la mondialisation</title>
		<link>http://www.lahaine.org/labica/index.php?p=49&amp;c=1</link>
		<dc:date>2008-03-01T09:58:00</dc:date>
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		<dc:subject>Analysis</dc:subject>
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		<description>Or, ils se comportent comme des personnes. C&#8217;est pourquoi l&#8217;on dit : &#171; la Mondialisation impose que&#8230; &#187;, &#171; le March&#233; exige que&#8230; &#187;, ou &#171; les Bourses se concertent afin de &#8230; &#187;. Ces non personnes se soumettent les personnes, car elles sont beaucoup plus puissantes qu&#8217;elles. Elles forment ...</description>
		<content:encoded><![CDATA[Or, ils se comportent comme des personnes. C&#8217;est pourquoi l&#8217;on dit : &#171; la Mondialisation impose que&#8230; &#187;, &#171; le March&#233; exige que&#8230; &#187;, ou &#171; les Bourses se concertent afin de &#8230; &#187;. Ces non personnes se soumettent les personnes, car elles sont beaucoup plus puissantes qu&#8217;elles. Elles forment une nouvelle Sainte Trinit&#233; en quelque sorte, dont les personnes doivent subir les humeurs et les caprices. On &#233;voque &#171; les heurts de la Mondialisation &#187;, &#171; la mauvaise sant&#233; du March&#233; &#187; (ex. : son &#171; &#233;bri&#233;t&#233; financi&#232;re &#187;), ainsi que &#171; les turbulences de la Bourse &#187;. Et ces trois-l&#224; n&#8217;entrent jamais en conflit. Au contraire, leurs horloges sont r&#233;gl&#233;es les unes sur les autres, la Bourse jouant le r&#244;le de l&#8217;horloge parlante ou de la marionnettiste qui tire les ficelles&#8230;des personnes &#233;videmment  Lesquelles se voient condamn&#233;es &#224; une philosophie de la r&#233;signation inspir&#233;e, au choix, de l&#8217;Anank&#232;, de la Providence ou du Mektoub, aux desseins tout aussi imp&#233;n&#233;trables.<br />
<br />
<b><a href="http://www.lahaine.org/labica/b2-img/labica_vaincre.pdf" title="" />Read article [PDF]</a></b>]]></content:encoded>
	</item>
		<item rdf:about="http://www.lahaine.org/labica/index.php?p=48&amp;c=1">
		<title>Georges Labica's Theorie de la Violence</title>
		<link>http://www.lahaine.org/labica/index.php?p=48&amp;c=1</link>
		<dc:date>2008-01-02T01:36:00</dc:date>
		<dc:creator>:: (mailto:la&#98;&#105;c&#97;&#64;g&#109;ai&#108;.&#99;om)</dc:creator>
		<dc:subject>Violence</dc:subject>
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		<description>Librarie Philosophique J. Vrin - Paris. Edizioni La Citt&#224; del Sole - Naples :: La violence habite l&#8217;histoire dont sont tiss&#233;s individus et soci&#233;t&#233;s. Elle s&#8217;est impos&#233;e comme l&#8217;&#233;ponyme de notre &#233;poque... </description>
		<content:encoded><![CDATA[Librarie Philosophique J. Vrin - Paris. Edizioni La Citt&#224; del Sole - Naples :: La violence habite l&#8217;histoire dont sont tiss&#233;s individus et soci&#233;t&#233;s. Elle s&#8217;est impos&#233;e comme l&#8217;&#233;ponyme de notre &#233;poque...]]></content:encoded>
	</item>
		<item rdf:about="http://www.lahaine.org/labica/index.php?p=47&amp;c=1">
		<title>Apr&#232;s les &#233;lections fran&#231;aises : Etat d&#8217;urgence</title>
		<link>http://www.lahaine.org/labica/index.php?p=47&amp;c=1</link>
		<dc:date>2007-09-21T08:27:00</dc:date>
		<dc:creator>:: (mailto:&#108;a&#98;i&#99;a&#64;g&#109;&#97;&#105;l.com)</dc:creator>
		<dc:subject>Analysis</dc:subject>
		<guid isPermaLink="false">47@http://www.lahaine.org/labica/index.php</guid>
		<description>ne se soit pas impos&#233;e la seule question qui poss&#232;de une importance d&#233;cisive, savoir : &#171; Comment a-t-il &#233;t&#233; possible que pr&#232;s de 19 millions de nos concitoyens- aient donn&#233; leurs suffrages &#224; un Nicolas Sarkozy ? &#187;

Le ph&#233;nom&#232;ne n&#8217;est pas seulement surprenant, il est proprement contradictoire avec la perception ...</description>
		<content:encoded><![CDATA[ne se soit pas impos&#233;e la seule question qui poss&#232;de une importance d&#233;cisive, savoir : &#171; Comment a-t-il &#233;t&#233; possible que pr&#232;s de 19 millions de nos concitoyens- aient donn&#233; leurs suffrages &#224; un Nicolas Sarkozy ? &#187;<br />
<br />
Le ph&#233;nom&#232;ne n&#8217;est pas seulement surprenant, il est proprement contradictoire avec la perception que l&#8217;on pouvait avoir du personnage. M&#234;me en laissant de c&#244;t&#233; l&#8217;abondante litt&#233;rature qui lui a &#233;t&#233; consacr&#233;e et la palette de jugements qui s&#8217;en d&#233;gage (carri&#233;risme, &#233;gotisme, parano&#239;a, agressivit&#233;, mauvaise foi, trahison, inculture, mensonge, d&#233;magogie, -entre autres), deux traits peuvent &#234;tre retenus :<br />
<br />
- sa nouveaut&#233; annonciatrice de rupture, appuy&#233;e sur trente ann&#233;es d&#8217;activit&#233; politique de droite, en tant que conseiller, maire, d&#233;put&#233;, ministre, pr&#233;sident de Conseil g&#233;n&#233;ral, et chef de parti, le tout conjointement &#224; la gestion d&#8217;un gros cabinet d&#8217;avocat d&#8217;affaire<br />
<br />
- son ouverture r&#233;novatrice, illustr&#233;e &#224; la fois par des mesures de rigueur budg&#233;taire, de braderies au priv&#233; d&#8217;entreprises nationales, de dispositifs liberticides accroissant l&#8217;ins&#233;curit&#233; et instituant la x&#233;nophobie, de soumission &#224; l&#8217;Empire &#233;tatsunien, ainsi que par des pr&#233;tentions scientifiques consistant &#224; voir dans la d&#233;linquance et le suicide des pr&#233;dispositions g&#233;n&#233;tiques, et enfin par des relations avec les personnages les plus douteux, des Balkany et autres Tapie aux Halliday et autres Doc Gyn&#233;co. Qui pouvait, d&#8217;autre part, ignorer que la t&#226;che d&#233;volue &#224; ce candidat &#233;tait de faire entrer la France dans la voie du lib&#233;ralisme le plus affirm&#233; et, pour ce faire, d&#8217;abolir les derniers obstacles h&#233;rit&#233;s d&#8217;une longue tradition de luttes sociales et d&#8217;acquis politiques, autrement dit d&#8217;assurer le service exclusif de la classe dominante ?<br />
<br />
A quoi on pourrait ajouter le caract&#232;re tout &#224; fait atypique d&#8217;un de Nagy Bocsa, d&#8217;une famille de tr&#232;s fra&#238;che implantation, par opposition &#224; tous ses pr&#233;d&#233;cesseurs, les De Gaulle, Pompidou, Giscard, Mitterrand et Chirac, de souches authentiquement France profonde. <br />
<br />
Comme l&#8217;aurait d&#233;clar&#233; un f&#233;al, le ministre Fran&#231;ois Goulard : &#171; Si les Fran&#231;ais savaient vraiment qui il est, il n&#8217;y aurait pas 5% qui voteraient pour lui &#187; (Marianne, 14-23.04.07)<br />
<br />
On se souviendra, d&#8217;autre part, que la politique, dont N. Sarkozy &#233;tait un des fleurons, n&#8217;avait cess&#233; d&#8217;&#234;tre d&#233;savou&#233;e, dans les urnes, depuis 2004, avec notamment 57 d&#233;partements sur 100 et 20 r&#233;gions sur 22, gagn&#233;s par la gauche, et dans la rue, avec 30 millions de jours de gr&#232;ve sur les retraites en 2003, l&#8217;&#233;chec du referendum sur l&#8217;Europe, la reculade du  CPE, et cette face passablement honteuse, y compris pour la gauche, mais bien r&#233;elle, de la r&#233;volte des banlieues. La le&#231;on &#233;tait on ne peut plus claire : un gouvernement ill&#233;gitime et une combativit&#233; sociale exceptionnelle en Europe. Un boulevard se trouvait ouvert &#224; une alternance de gauche, et le P.S., qui en &#233;tait le centre g&#233;om&#233;trique, ne pouvait, en effet, pas perdre.<br />
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	Il ne m&#8217;&#233;chappe pas que d&#8217;autres lectures peuvent &#234;tre et ont &#233;t&#233; propos&#233;es des r&#233;sultats de la double consultation &#233;lectorale. Aux pr&#233;sidentielles, un calcul r&#233;confortant est obtenu par l&#8217;addition des votes en faveur de S. Royal (un peu moins de 17 millions), des abstentions (plus de 7 millions) et des nuls (pr&#232;s de 1,6 millions, -chiffre l&#233;g&#232;rement inf&#233;rieur &#224; celui de 2002). Ce qui donne 57,31% d&#8217;&#233;lecteurs ne s&#8217;&#233;tant pas prononc&#233;s en faveur du vainqueur. Les 42,69% de ce dernier, d&#251;ment substitu&#233;s aux 53,06% des exprim&#233;s, n&#8217;en demeurent pas moins un record et il n&#8217;est pas d&#8217;exemple en France, ou m&#234;me ailleurs, d&#8217;un Pr&#233;sident ayant ralli&#233; plus de la moiti&#233; des inscrits, le pays le plus puissant du monde, la grande d&#233;mocratie am&#233;ricaine, figurant, on le sait, le champion du genre. Les l&#233;gislatives, qui n&#8217;ont pas vu se produire le raz de mar&#233;e bleu, annonc&#233; parce que redout&#233;, ont &#233;t&#233; salu&#233;es par des cris de joie. Certains n&#8217;ont pas craint de parler de &#171; victoire &#187; de la gauche, d&#8217;autres se contentant d&#8217;un &#171; sursaut &#187;, et tous vantant le r&#233;&#233;quilibrage, et m&#234;me la &#171; revanche &#187;, d&#8217;une opinion, dont la sagesse bien connue se serait souci&#233;e de ne pas mettre tous ses &#339;ufs dans le m&#234;me panier, donc de secr&#233;ter les anti-corps susceptibles de limiter le pouvoir de la droite. Las, cet optimisme n&#8217;a pas plus de fondement que le pr&#233;c&#233;dent. Il dissimule &#224; peu de frais le fait que la gauche a perdu 3 pr&#233;sidentielles et 3 l&#233;gislatives depuis 1986, que, pour la premi&#232;re fois, une assembl&#233;e, aussi sortante que sortie, est reconduite et surtout que l&#8217;abstention, entre les deux tours, atteint le sommet de 40%, sans analogue depuis l&#8217;instauration de la d&#233;mocratie parlementaire. Cette retrouvaille de la bonne vieille pratique, qui a domin&#233; et s&#8217;est aggrav&#233;e d&#8217;&#233;lection en &#233;lection, fait, en outre, bon march&#233; du &#171; retour du politique &#187; et du &#171; triomphe de la d&#233;mocratie &#187; proclam&#233;s, &#224; propos de la pr&#233;sidentielle, par le ch&#339;ur politologique et m&#233;diatique.<br />
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On a voulu aussi, gr&#226;ce &#224; une bo&#238;te de tranquillisants plus efficaces, se pr&#233;valoir de ce que la gauche b&#233;n&#233;ficiait du vote des jeunes, des cadres, dynamiques &#233;videmment, des employ&#233;s et, pour faire bonne mesure, des &#171; quartiers &#187;, alors que l&#8217;adversaire, ou plut&#244;t le comp&#233;titeur, se contentait des managers, des patrons, du gratin dominant, des salari&#233;s (quand m&#234;me) du priv&#233;, des vieux, ainsi que de ce qu&#8217;il avait &#171; siphonn&#233; &#187; (on l&#8217;a  assez dit) du Front National. On passait sous silence le fameux &#171; vote ouvrier &#187;, devenu majoritaire chez Sarkozy, apr&#232;s l&#8217;avoir &#233;t&#233; chez Le Pen. On ne se f&#233;licitait pas moins d&#8217;&#234;tre revenu au bien-aim&#233; sch&#233;ma Droite/Gauche, qui n&#8217;exprimait cependant rien d&#8217;autre que le glissement vers le bipartisme &#224; l&#8217;anglo-saxonne.<br />
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<b>	Alors, pourquoi les 19 millions ?</b><br />
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La combinaison de plusieurs facteurs permet d&#8217;avancer une r&#233;ponse. Tout d&#8217;abord, et pour rappel, le cadre institutionnel de la V&#232;me, qui n&#8217;est d&#233;nonc&#233; que par les vaincus, dans la mesure o&#249;, entre autres dispositifs de manipulation, il ne met en pr&#233;sence que des individus. L&#8217;&#233;lecteur, singuli&#232;rement le salari&#233;, se trouve, comme le fid&#232;le r&#233;form&#233; ou musulman, seul et d&#233;muni, face &#224; son Dieu, sans la m&#233;diation de quelque &#233;glise. Partant, l&#8217;individu-candidat comptera plus que son programme. C&#8217;est bien ce qui s&#8217;est pass&#233;. N. Sarkozy, qui s&#8217;&#233;tait mis en route, d&#232;s 2002, a r&#233;ussi, en tacticien exceptionnel, un parcours pratiquement sans faute. Incarnation de la figure type du parvenu, il n&#8217;a recul&#233; devant aucune man&#339;uvre, - s&#233;duction, d&#233;bauchage, promesses, int&#233;ressement, crocs en jambes, proc&#232;s ou d&#233;nonciations, afin de mettre au point la s&#233;rie de hold-up, - sur le gouvernement et sur son parti, qui devaient lui assurer, apr&#232;s le contr&#244;le &#233;conomico financier, dont il b&#233;n&#233;ficiait d&#233;j&#224;, la main mise sur les appareils politiques et m&#233;diatiques. Avec l&#8217;aide de quelques officines, dont certaines thinks-tanks &#224; la fran&#231;aise, de lobbies, dont le sioniste, chaleureusement &#233;voqu&#233; par un Georges Fr&#234;che (24.06), et de cautions internationales, - de Bush &#224; Blair et Merkel, il a apport&#233; un soin particulier &#224; la confection de son image, en proc&#233;dant &#224; de modestes autocritiques sur ses actions au minist&#232;re de l&#8217;int&#233;rieur et en s&#8217;appropriant quelques r&#233;f&#233;rences propres &#224; la gauche. C&#8217;est ainsi qu&#8217;aupr&#232;s de Jaur&#232;s et Guy M&#244;cquet, on a eu droit &#224; ce v&#233;ritable r&#233;gal : &#171; Au fond, j&#8217;ai fait mienne l&#8217;analyse de Gramsci : le pouvoir se gagne par les id&#233;es &#187; (Le Figaro, 17.04.07). Sans remonter &#224; Kossuth, un Bela Kun ou un Lukacs n&#8217;auraient-ils pas fait l&#8217;affaire ? <br />
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Et cela a march&#233;. En premier lieu, &#224; droite et au centre, ceux-l&#224; m&#234;mes, qui auraient pu &#234;tre ses adversaires et ses concurrents se sont ralli&#233;s ou soumis, les uns apr&#232;s les autres, et pas seulement par souci de sauvegarder leurs rentes de situations. Ensuite dans l&#8217;opinion, une partie de la gauche incluse, le personnage a pu appara&#238;tre comme authentiquement novateur et porteur en effet d&#8217;une autre mani&#232;re de faire de la politique, gr&#226;ce &#224; un style direct, familier, proche des &#171; vrais gens &#187;, faisant montre de sinc&#233;rit&#233; et de d&#233;vouement, iconoclaste et sympathiquement provocateur par ses d&#233;fis, en rupture avec l&#8217;allure compass&#233;e, hautaine, paternaliste et parfois hypocrite et l&#226;che que pouvait donner le commun des hommes politiques. Sur le fond, il est incontestable que l&#8217;accent inlassablement mis sur les th&#232;mes de l&#8217;ordre, de la s&#233;curit&#233; et de l&#8217;emploi, a rencontr&#233; l&#8217;&#233;cho le plus favorable. En d&#233;pit de l&#8217;&#233;chec des promesses et des exp&#233;riences pass&#233;es, on voulait croire s&#8217;agissant du travail (et de la croissance !), &#224; de meilleures conditions, &#224; des gains et des aides plus importants, pour les petites entreprises, &#224; des charges all&#233;g&#233;e et des march&#233;s plus accueillants, pour les jeunes, &#224; des formations et des d&#233;bouch&#233;s mieux ajust&#233;s. La s&#233;curit&#233; sociale allait rembourser soins dentaires et lunettes. Au chapitre surtout de la paix retrouv&#233;e des citoyens, la multiplication des effectifs des forces de l&#8217;ordre et la vid&#233;osurveillance urbaine faisaient recette. Les personnes &#226;g&#233;es allaient pouvoir circuler tranquilles, les femmes battues go&#251;ter le bien-&#234;tre du foyer. Les d&#233;linquants, de la cr&#232;che &#224; la voyoucratie adolescente, primaires ou secondaires, recevraient les ch&#226;timents appropri&#233;s. Hors des cercles des consciences aussi sensibles que citoyennes, qui, s&#233;rieusement, s&#8217;indignait du k&#228;rcher, des reconduites &#224; la fronti&#232;re ou du r&#233;tablissement de l&#8217;autorit&#233; des ma&#238;tres ? Qui ne se r&#233;jouissait d&#8217;une immigration contr&#244;l&#233;e ou de la perspective de devenir propri&#233;taire ? De r&#233;cents sondages ne nous apprennent-ils pas qu&#8217;un Fran&#231;ais sur 3 ne craint pas de se d&#233;clarer raciste, que 50% de nos compatriotes jugent qu&#8217;il y a trop d&#8217;immigr&#233;s et qu&#8217;ils sont 71% &#224; approuver le projet d&#8217;un service minimum dans les transports publics, c'est-&#224;-dire &#224; accepter la remise en cause du droit de gr&#232;ve ?<br />
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Au sein de ce tableau, la part imputable aux comportements de la gauche est, bien entendu, consid&#233;rable. Il est mieux connu, sans qu&#8217;il soit n&#233;cessaire de revenir sur les th&#232;mes de campagne et d&#8217;en faire le proc&#232;s. Une &#171; chance historique &#187;, comme on l&#8217;a avanc&#233;, a sans doute &#233;t&#233; manqu&#233;e avec l&#8217;&#233;chec des comit&#233;s issus du non &#224; l&#8217;Europe. La recherche du coupable, les renvois de balle et les coups bas entre &#171; &#233;l&#233;phants &#187; sont de peu d&#8217;int&#233;r&#234;t. Restent : le refus des leaders socialistes de s&#8217;engager dans l&#8217;aventure d&#8217;un mouvement qui les aurait absorb&#233;s et auquel ils ont pr&#233;f&#233;r&#233; le confort d&#8217;une &#171; synth&#232;se &#187; sans contenu ; les d&#233;saccords de forme, de finalit&#233; et de programme qui ont &#233;clat&#233; entre les courants d&#8217;extr&#234;me gauche ; et la dispersion vou&#233;e &#224; la d&#233;faite qui s&#8217;en est suivie. Accabler S. Royal, comme ses camarades s&#8217;y sont employ&#233;s &#224; l&#8217;envi, ne pr&#233;sente pas non plus un grand int&#233;r&#234;t. Le sort de la candidate &#233;tait scell&#233;. Entre les propositions confuses de son parti qu&#8217;elle &#233;tait cens&#233;e porter et dont elle avouera elle-m&#234;me, apr&#232;s coup &#233;lectoral, qu&#8217;elle les a d&#233;fendues sans conviction, la course qu&#8217;en cons&#233;quence elle se voyait condamn&#233;e &#224; faire derri&#232;re les affichages de son concurrent, quand elle ne se croyait pas oblig&#233;e d&#8217;en rajouter quant &#224; l&#8217;ordre &#171; juste &#187; ou le drapeau, le mol soutien qu&#8217;elle recevait de la part de ses alli&#233;s comme de sa propre famille, et l&#8217;&#233;norme machinerie m&#233;diatico-politico-financi&#232;re de son adversaire, qui, ne l&#8217;oublions pas, avait mis en place leur duel, largement avant que les candidats ne soient d&#233;sign&#233;s par leurs organisations r&#233;ciproques, ses chances sont all&#233;es en s&#8217;amincissant. Aussi nos concitoyens ont-ils pr&#233;f&#233;r&#233; &#224; la faiblesse tranquille de Madame &#171; Je veux &#187; les assurances muscl&#233;es d&#8217;un chef de gang. Il convient toutefois, me semble-t-il, de conf&#233;rer un poids particulier &#224; ce fait que les deux postulants &#233;lys&#233;ens avaient en commun le plus solide des points d&#8217;appui, celui de repr&#233;senter le camp de la revanche du non. Quand on se souvient de l&#8217;immobilit&#233; et du silence qu&#8217;avaient substitu&#233;s le pouvoir, les grandes formations politiques et syndicales, les m&#233;dias, l&#8217;intelligentsia format&#233;e et le show business lui-m&#234;me, &#224; l&#8217;autocritique que leur d&#233;faite aurait d&#251;, en principe, leur imposer, assortie de s&#233;rieuses rectifications, &#224; d&#233;faut de d&#233;missions, on comprend sans peine que l&#8217;occasion &#233;lectorale fournissait une occasion en or, pour les uns comme pour les autres, d&#8217;enterrer le referendum et de repartir d&#8217;un nouveau pied, en proposant de ressusciter le projet constitutionnel. Les engagements de N. Sarkozy et de S. Royal sur ce point &#233;taient d&#8217;une parfaite concordance<br />
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	Une interpr&#233;tation g&#233;n&#233;rale de ce ph&#233;nom&#232;ne, -la question des 19 millions, sous-jacente aux consid&#233;rations acad&#233;miques convenues portant sur &#171; la crise de la repr&#233;sentation &#187;, m&#233;rite d&#8217;&#234;tre &#233;voqu&#233;e. Elle concerne le divorce, qui semble s&#8217;&#234;tre &#233;tabli, entre le politique (P) et le social (S). On a affaire &#224; deux modalit&#233;s d&#8217;existence, enregistr&#233;es par le langage courant et tomb&#233;es dans le domaine public. La &#171; classe politique &#187; est per&#231;ue comme &#233;tant distincte des classes et situ&#233;e au-dessus d&#8217;elles. Elle renvoie &#224; des modes de vie communs aux &#233;lus, parlementaires par exemple, -leur formation, leur &#233;ducation, leurs relations sociales, leurs int&#233;r&#234;ts culturels et alimentaires, leurs loisirs. Sous le contr&#244;le &#224; la fois des pouvoirs &#233;conomiques et m&#233;diatiques, ils s&#8217;efforcent de r&#233;gler les dispositifs id&#233;ologiques. La corruption les menace en permanence et ils ne peuvent &#233;viter le client&#233;lisme. Les &#171; vrais gens &#187;, de leur c&#244;t&#233;, repr&#233;sentent la masse des &#233;lecteurs, - le peuple, priv&#233;s de repr&#233;sentation politique directe, accapar&#233;s par les soucis du quotidien et r&#233;duits &#224; la condition de citoyens &#171; passifs &#187; et de consommateurs. Pour d&#233;finir les liens entre ces deux cat&#233;gories, l&#8217;image de la mode (P) para&#238;t commode. Le public (S) convi&#233; &#224; un d&#233;fil&#233; et invit&#233; &#224; choisir ne dispose pas des moyens d&#8217;acqu&#233;rir un mod&#232;le, les cr&#233;ateurs lui proposent alors du pr&#234;t-&#224;-porter, r&#233;put&#233; accessible &#224; chacun. De fait, ces mondes s&#233;par&#233;s ne se rencontrent gu&#232;re qu&#8217;&#224; l&#8217;occasion d&#8217;&#233;lections, o&#249; P a besoin de S pour se conserver. D&#8217;o&#249; les recours imbriqu&#233;s des engagements de r&#233;duire la distance P/S et des &#171; viols par la propagande politique &#187;. Le cap pass&#233; de l&#8217;expression de la &#171; volont&#233; populaire &#187;, les bonnes vieilles habitude reprennent le dessus : &#171; il fallait bien que quelque chose change, afin que tout reste comme avant &#187;. Les transferts de substitution sont le prix &#224; payer de cette incompatibilit&#233;, du c&#244;t&#233; de P, le service, hard ou soft, des dominants et du capital ; du c&#244;t&#233; de S les frustrations et les r&#234;ves d&#8217;alternative,et, le vide appelant l&#8217;objet, l&#8217;&#233;ventail se d&#233;ploie des compensations : le renoncement &#224; l&#8217;exercice du premier des droits, soit l&#8217;abstention ; les communautarismes &#224; la place de la citoyennet&#233; confisqu&#233;e ; les replis extr&#233;mistes et l&#8217;anarchisme ; les r&#233;voltes, de la manifestation &#224; l&#8217;&#233;meute, promptement anesth&#233;si&#233;es par le pouvoir. Encore est-ce pire lors de la pr&#233;sidentielle, o&#249;, nous dit gentiment le politologue Roz&#232;s : &#171; la question sociale est relativis&#233;e par l&#8217;imaginaire pr&#233;sidentiel &#187; (Utopie critique, n+ 41, juin 07).<br />
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	Nos 19 millions ont &#224; parler dans un tel cadre. Contrairement &#224; ce que pr&#233;tendent des esprits chagrins et nantis, ils t&#233;moignent moins d&#8217;un &#171; glissement &#224; droite &#187; de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise que d&#8217;un sentiment d&#8217;impuissance poussant aux d&#233;missions. Les chiffres ne trompent pas : en regard des votes Sarkozy, l&#8217;addition des votes Royal, et de ceux des abstentions, blancs et nuls, dont l&#8217;amalgame insupporte tant au pouvoir, donne un total de pr&#232;s de 25 millions et demi. Nous n&#8217;avons certes pas affaire &#224; trois blocs homog&#232;nes id&#233;ologiquement et socialement, il n&#8217;en demeure pas moins que bras cass&#233;s, insatisfaits et encol&#233;r&#233;s s&#8217;y rencontrent et qu&#8217;il ne fait pas de doute, aux yeux de tous les analystes, que, dans leur majorit&#233;, ils appartiennent &#224; la &#171; mouvance de gauche &#187;, selon l&#8217;expression convenue. Quelles qu&#8217;en puissent &#234;tre les nuances, l&#8217;attitude de cette majorit&#233; rel&#232;ve d&#8217;une forme de servitude volontaire et, comme on le sait ou le voit caricaturalement, par exemple, chez la plupart des journalistes, l&#8217;asservissement produit la servilit&#233;. Les individus sont travers&#233;s par les influences qui proviennent du milieu dans lequel ils sont plong&#233;s. Il arrive qu&#8217;ils soient l&#8217;objet, ou plut&#244;t la victime, d&#8217;un v&#233;ritable formatage. Ne serait-il pas singulier qu&#8217;aupr&#232;s de l&#8217;isolement d&#233;j&#224; rencontr&#233;, au vrai de l&#8217;absence de solidarit&#233;, qui n&#8217;est pas qu&#8217;&#233;lectoral, mais aussi politique et syndical, dans la mesure o&#249; ces organisations sont &#224; la fois largement lamin&#233;es et d&#233;pendantes des institutions, aupr&#232;s des peurs diffuses et du besoin d&#8217;&#234;tre rassur&#233;, il ne faille pas prendre en consid&#233;ration les effets de stress, dont les sources sont multiples, et du harc&#232;lement moral qui gagne dans les activit&#233;s professionnelles ? Il n&#8217;est pas de formes de la vie en commun qui n&#8217;aient &#233;t&#233; agress&#233;es et quelquefois d&#233;truites par la soci&#233;t&#233; &#171; post-moderne &#187;. O&#249; est pass&#233;e la conviction que l&#8217;action politique avait pouvoir d&#8217;intervenir favorablement dans la vie sociale et &#233;conomique ? J.-M. Domenech fait justement remarquer que le temps n&#8217;est plus &#224; la politisation de masse des ann&#233;es 70 et que les intellectuels de gauche (leur &#171; silence &#187;) ont perdu l&#8217;organicit&#233; dont ils pouvaient se r&#233;clamer, au profit de groupes de r&#233;flexion d&#251;ment instrumentalis&#233;s (Sin Permiso, juil. 2007). Le pouvoir politique, en tant que tel, ind&#233;pendamment de ses orientations, s&#8217;est vu contraint de c&#233;der ses pr&#233;rogatives aux multinationales, aux organismes de gestion plan&#233;taire ainsi qu&#8217;aux instances supranationales. Le cadre de la mondialisation et des politiques lib&#233;rales a &#233;t&#233; accept&#233; et largement int&#233;rioris&#233; par tous, &#233;lus comme &#233;lecteurs. La fatalit&#233; devient le leitmotiv des laisser faire : &#171; L&#8217;Etat ne peut pas tout &#187;. L&#8217;offre ne correspond plus &#224; une attente qui n&#8217;est m&#234;me pas formul&#233;e comme une demande. Il n&#8217;y a pas lieu de s&#8217;&#233;tonner si, dans une telle conjoncture, seuls des candidats de droite, exception faite des petits partis, se soient offerts aux suffrages des &#233;lecteurs, - Sarkozy, Le Pen, Bayrou, Royal. Les pr&#233;l&#232;vements effectu&#233;s par l&#8217;actuel chef de l&#8217;Etat parmi l&#8217;&#233;lite des pr&#233;tendus combattants sous la banni&#232;re du &#171; Tout sauf Sarkozy &#187;, n&#8217;est nullement assimilable &#224; une d&#233;fection, ni moins encore &#224; une trahison. Il s&#8217;agit d&#8217;un simple d&#233;placement sur l&#8217;&#233;chiquier politique qui a le m&#233;rite de mettre en plein jour la nature du PS. Les appels, de la complaisance &#224; l&#8217;enthousiasme, &#224; voter Chirac, en 2002, sous couvert de barrer la route au croque-mitaine du FN, &#233;taient pr&#233;monitoires. Aujourd&#8217;hui, dans le m&#234;me temps o&#249; la direction du PS condamne un Jacques Lang, elle d&#233;douane et m&#234;me loue un Strauss-Kahn d&#8217;&#234;tre &#171; pl&#233;biscit&#233; &#187; par la Communaut&#233; europ&#233;enne pour prendre la t&#234;te du FMI, sans s&#8217;interroger sur la pr&#233;sence d&#8217;un &#171; socialiste &#187; dans un organisme charg&#233; de d&#233;tourner vers les riches la richesse du monde et de creuser les in&#233;galit&#233;s. CQFD.<br />
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	Chacun d&#233;sormais se dit convaincu que le r&#233;sultat le plus patent des &#233;lections rend indispensable le remodelage de la carte des partis politiques. La droite s&#8217;est d&#233;barrass&#233;e du gaullisme et de ce qui en subsistait de souci du social et de volont&#233; d&#8217;ind&#233;pendance, afin de serrer les rangs, en acceptant une stricte discipline. Les sp&#233;culations ne manquent pas sur l&#8217;&#233;clatement du PS, tir&#233; &#224; hue et &#224; dia par les ex-ralli&#233;s &#224; la synth&#232;se unitaire, ou sur le sort du PCF, o&#249; l&#8217;on h&#233;site entre deuil annonc&#233; et improbable r&#233;surrection, ou encore sur l&#8217;avenir d&#8217;un centre droite/gauche. Il ne s&#8217;agit de rien de moins que de faire surgir les bergers qui ram&#232;neront les troupeaux bern&#233;s et d&#233;sempar&#233;s des 19 millions et des 24 dans les verts p&#226;turages. Les intentions sont saines, singuli&#232;rement celles qui entendent reprendre le projet avort&#233; des comit&#233;s du non, ou favoriser des regroupements autour des p&#244;les les plus radicaux, la LCR, les survivants communistes du PC et, pourquoi pas ?, les inconvertibles au lib&#233;ralisme du PS, s&#8217;il en reste. Les initiatives se multiplient rapidement, o&#249; se m&#234;lent des horizons nagu&#232;re encore s&#233;par&#233;s . &#171; Nouveau PS &#187; (Emmanuelli/Filloche), &#171; Grand Parti de gauche &#187; (Chev&#232;nement), &#171; Conf&#233;d&#233;ration d&#8217;Action communiste &#187; (G. Hage/Gastaud), &#171; Maintenant &#224; gauche ! &#187; (Coquerel, Picquet, Labroille), &#171; Gauche avenir &#187; (Linneman/Wurtz), &#171; Gagner 2012 &#187; (fabiusiens), &#171; Les Progressistes &#187; (le ralli&#233; E. Besson), &#171; M&#233;moire des luttes &#187; (Monde diplomatique/Utopie critique), entre autres. On se gave de re-, comme refondation, reconstruction, renaissance, restructuration, r&#233;novation, charg&#233;s sans doute d&#8217;exorciser les rechutes, r&#233;p&#233;titions ou r&#233;gressions. Dans les annonces de congr&#232;s, on va m&#234;me jusqu&#8217;&#224; &#233;voquer les bilans, qu&#8217;on s&#8217;emploie pourtant &#224; &#233;viter. On observe les exp&#233;riences &#233;trang&#232;res, o&#249; surgissent les m&#234;mes croix, l&#8217;italienne, du Parti de la Rifondazione comunista, &#233;cartel&#233; entre son alliance avec le gouvernement Prodi, l&#8217;apparition d&#8217;une nouvelle formation, le Partito democrata, et la volont&#233; d&#8217;impulser &#171; un nouveau sujet politique de gauche &#187; (Essere comunisti, n&#176;1, juin 07), l&#8217;allemande, avec la cr&#233;ation de &#171; Die Linke &#187; (Lafontaine, Gysi), dont on attend beaucoup, en d&#233;pit du fait de ses fra&#238;ches alliances avec les socio d&#233;mocrates dans quelques l&#228;nder. Des groupes informels se constituent, des revues et des journaux sont en projet ou sortent d&#233;j&#224;. Internet chauffe. Et toutes les gauches sont convoqu&#233;es, qu&#8217;on ne savait pas si nombreuses, - politique, sociale, syndicale, associative, culturelle, intellectuelle, etc. Au centre des pr&#233;occupations, l&#8217;&#233;change. Anne Borel, qui jette un coup d&#8217;&#339;il sur cette effervescence, titre significativement son article : &#171; Assez d&#8217;action, place &#224; la discussion ! &#187; (Marianne, 13.07). Une phrase du manifeste, &#171; La gauche en d&#233;bat R&#233;sister Reconstruire &#187;, fait bonne mesure : &#171; Cr&#233;ons partout&#8230;des espaces pluralistes de d&#233;bat, de r&#233;flexion et d&#8217;initiatives pour nouer le dialogue &#187;. Tout le programme est l&#224; : pluralit&#233;/d&#233;bat. La messe est dite.<br />
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Or, cette messe-l&#224;, loin d&#8217;inaugurer quelque Vatican II politique, n&#8217;op&#232;re qu&#8217;un retour au latin banni depuis les ann&#233;es 80. Dialoguer, confronter les identit&#233;s, respecter les autonomies, soit, mais sous les deux conditions que nous impose le probl&#232;me de 19 millions. La premi&#232;re concerne le lieu d&#8217;exercice. Quand les m&#234;mes mains d&#233;tiennent la totalit&#233; des pouvoirs, ex&#233;cutif, l&#233;gislatif, m&#233;diatique, financier, &#233;conomique, militaire, policier, diplomatique, sans oublier le poids dans les grandes institutions, du Conseil constitutionnel au Conseil de la magistrature, couloirs, amphith&#233;&#226;tres et s&#233;minaires ne servent plus de rien. Une fois les urnes remis&#233;es aux placards municipaux, la rue s&#8217;impose en tant que seule place d&#8217;intervention. Cela ne signifie ni r&#234;ve de barricades, ni grand soir (encore que&#8230;), mais l&#8217;inclusion et la solidarit&#233; actives dans les luttes que ne manquent d&#233;j&#224; et ne manqueront pas de provoquer les dispositifs r&#233;actionnaires, des textes de lois aux diff&#233;rentes formes de r&#233;pression. Les syndicats, largement englu&#233;s dans les temporisations, les compromis et les reculs sont les premiers &#224; malmener. S&#8217;y emploient d&#233;j&#224;, en leur propre sein, des regroupements radicalis&#233;s. Les partis se disant de gauche, toujours tent&#233;s de satisfaire la galerie avec leurs rodomontades &#224; l&#8217;Assembl&#233;e et les discussions en Commissions, sont &#224; placer sous haute surveillance. La d&#233;nonciation des conduites d&#8217;esquive des uns et des autres, qui font le jeu du MEDEF, est plus que jamais &#224; l&#8217;ordre du jour. La seconde condition requise, qui porte sur le contenu, donne leur sens &#224; ces pratiques. Elle se trouve dans le droit fil des derniers r&#233;sultats &#233;lectoraux qui ne peuvent se comprendre sans mesurer le foss&#233; cr&#233;e et, volens nolens, entretenu entre la conjoncture et les r&#233;ponses qu&#8217;elle appelle. La reconnaissance d&#8217;une totale inad&#233;quation n&#8217;instruit pas seulement le proc&#232;s des faux-semblants propag&#233;s par le ph&#233;nom&#232;ne de la social d&#233;mocratisation, elle rend enfin perceptible aux yeux de tous la d&#233;bilit&#233; des propositions de r&#233;formes qui ne font que conforter l&#8217;ordre dominant et berner la majorit&#233; de la population. Le stade mondialis&#233; auxquels sont parvenus les rapports capitalistes de production, les nuisances et les infections qu&#8217;ils inoculent &#224; toute soci&#233;t&#233;, frappent d&#233;finitivement de caducit&#233; les tentatives de compromis gauche/droite. Le temps des palabres, des plans et des programmes soigneusement peaufin&#233;s &#224; destination des militants, sympathisants et autres &#171; citoyens &#187; est r&#233;volu, au profit de la p&#233;dagogie inh&#233;rente aux luttes de classes, puisqu&#8217;il faut bien accepter d&#8217;appeler le r&#233;el social par son nom. Tout mouvement de protestation, de contestation, ou de r&#233;volte, est une &#233;cole qui repr&#233;sente &#224; la fois la prise de conscience du refus des fatalit&#233;s, qu&#8217;elles soient pr&#233;sent&#233;es comme politiques ou comme &#233;conomiques, et l&#8217;entra&#238;nement &#224; briser avec les d&#233;missions et les impuissances. C&#8217;est pourquoi, il ne saurait &#234;tre question de proc&#233;der &#224; quelque tri parmi ces mouvements, ni de les hi&#233;rarchiser. Et ce n&#8217;est pas l&#8217;effort th&#233;orique qui se voit de la sorte invalid&#233;, mais bien la position d&#8217;observateur.<br />
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Comme disait le p&#232;re Hugo, &#171; Le r&#233;el montre ses cornes sur le front bleu de l&#8217;id&#233;al &#187;. Les points aveugles des discours de campagne sont les points les plus &#233;clairants. Pour aller &#224; l&#8217;essentiel :<br />
- La mondialisation proprement dite, la critique de sa nature, de ses strat&#233;gies et de ses cons&#233;quences repr&#233;sente le pr&#233;liminaire de toute critique qui se donne comme fin de r&#233;volutionner les rapports sociaux existants, qu&#8217;il s&#8217;agisse de l&#8217;envisager sur le plan global comme nouvelle forme d&#8217;exploitation ou d&#8217;appr&#233;cier &#224; l&#8217;&#233;chelle nationale ses effets mat&#233;riels aussi bien qu&#8217;intellectuels. Point n&#8217;est besoin d&#8217;attendre le rapport command&#233; &#224; V&#233;drine pour savoir &#224; quoi s&#8217;en tenir et convenir qu&#8217;il est d&#233;sormais illusoire de croire &#224; des am&#233;nagements favorables pour les populations. Quelques vulgaires et anecdotiques asp&#233;rit&#233;s suffisent &#224; dessiller les yeux les mieux clos : en regard du blocage du SMIC, les 59% d&#8217;augmentation de &#171; salaire &#187;, en un an, des grands patrons europ&#233;ens ; en regard des projets des restriction appliqu&#233;es aux retraites, celle de Chirac, &#224; 30.000 euros mensuels.<br />
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- L&#8217;imp&#233;rialisme, appr&#233;hend&#233; &#233;galement sous ses deux aspects, international, qui fait des agressions arm&#233;es l&#8217;axe de sa politique, et national, o&#249; les fanfaronnades dissimulent les soumissions. Veut-on une autre corne du r&#233;el ? Les seules guerres  en Afghanistan et en Irak ont co&#251;t&#233; 610 milliards de $ aux USA<br />
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- L&#8217;Europe, non pas celle du suppositoire anti-douleur qu&#8217;on persiste &#224; nous placer, mais celle de l&#8217;OTAN et des bases &#233;tatsuniennes, dont on n&#8217;exigera jamais assez le d&#233;mant&#232;lement.<br />
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- L&#8217;international, dont on a d&#233;plor&#233; l&#8217;absence avec des larmes de crocodile, non pas celui des &#233;lucubrations cosmopolitiques, ni des programmes altermondialistes, mais le concret, celui de la lutte de classes mondialis&#233;e elle aussi, qui lie entre elles toutes les manifestations anti-syst&#232;me, d&#8217;une gr&#232;ve de sid&#233;rurgistes en Cor&#233;e &#224; la r&#233;sistance irakienne, par des solidarit&#233;s communes, &#224; reconna&#238;tre comme telles, contre les chacun chez-soi, promis aux d&#233;faites. La finalit&#233; de ces mises en coh&#233;rence engage la d&#233;finition d&#8217;un nouvel internationalisme qui, sans rompre avec celui des organisations partidaires traditionnelles, les conjuguera avec les exp&#233;riences de tous les domin&#233;s.<br />
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- La lutte des classes, qui a r&#233;sist&#233; aux enfouissements et aux d&#233;n&#233;gations, t&#233;moigne aujourd&#8217;hui, - autre le&#231;on &#233;lectorale, de son ent&#234;tante pr&#233;sence derri&#232;re chaque question en d&#233;bat, quelle que soit sa dimension, du code du travail au statut des universit&#233;s, aux parachutes dor&#233;s, &#224; la carte scolaire et &#224; l&#8217;ouverture des magasins le dimanche. A la diff&#233;rence des brouillages de &#171; gauche &#187;, le durcissement droitier n&#8217;en fait plus myst&#232;re. Il suffit de voir ce qu&#8217;en dit Madame Lagarde, qui entend l&#8217;abolir (10.07) ou M. Imbert, du Point, qui tonne, assur&#233;ment pour se faire peur, contre &#171; les bastions syndicaux &#224; forte nuisance publique toujours hostiles &#224; la r&#233;forme &#187; et les &#171; pans entiers de la soci&#233;t&#233; [qui] restent chez nous impr&#233;gn&#233;s de la bigoterie socialisante du si&#232;cle pass&#233; &#187; (13.07). Ne serait-il pas opportun, du c&#244;t&#233; r&#233;solument adverse, de retrouver ce bon vieux principe dynamisant qui avait nom &#171; haine de classe &#187; ? Sans oublier que ladite lutte conserve sa finalit&#233; : le pouvoir aux travailleurs et la fin des rapports capitalistes, dont la d&#233;mocratie, d&#233;barrass&#233;e de tout &#233;pith&#232;te, demeure en effet la condition. <br />
<br />
La politique, disait l&#8217;ami L&#233;nine, commence o&#249; il y a des millions. Avec nos 19, et plus, car affinit&#233;s, nous sommes en plein dedans. Il y a p&#233;ril. Sachons quoi faire. <br />
							<br />
<blockquote><i>Georges Labica<br />
(Juillet 07)</i></blockquote><br />
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<i>Publicado en Le Sarkophage, n&#176; 2, 15 septembre 2007 (redaction@lesarkophage.com)</i>]]></content:encoded>
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